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Oswald J. Smith, "le Réveil qu'il nous faut" - livre complet
"Le Réveil qu'il nous faut"
par le Dr Oswald Smith
PRÉFACE A L'ÉDITION FRANÇAISE
PRÉFACE
I) L'EFFUSION DE L'ESPRIT
II) LES RESPONSABILITÉS D'UN RÉVEIL
II) LES DOULEURS DE L'ENFANTEMENT
IV) LE REVETEMENT DE PUISSANCE
V) LA CONVICTION DE PECHÉ
VI) OBSTACLES AU RÉVEIL
VII) LA FOI
VIII) LA SOIF ARDENTE DE RÉVEIL
IX) MANIFESTATIONS DE LA PUISSANCE DIVINE
X) EXPÉRIENCES SPIRITUELLES D'UNE VALEUR INESTIMABLE
XI) ÂMES AFFAMÉES DE RÉVEIL
Ce beau livre fut écrit par un chrétien pour des chrétiens. Je l'ai lu
tout d'un trait. Son message coule comme une lave chaude jaillissant
d'un coeur en irruption d'amour pour Dieu et les hommes.
Tel chapitre, peut-être, révèle davantage le pasteur et revivaliste que
l'évangéliste. Le livre tout entier est un coup retentissant de
trompette sonnant le Réveil de l'Eglise. Nous, à qui il a été donné de
vivre un réveil, nous avons une profonde nostalgie de redevenir comme
des spectateurs de Dieu en action ; une nostalgie de voir telle réunion
de prière, telle réunion ou mission d'évangélisation s'épanouir en
réveil, où ce seront des auditeurs qui feront effectivement l'appel : «
Hommes frères, que ferons nous ? »
En attendant, évangélisons, appelons : « Que celui qui a soif vienne, et
que celui qui entend dire : viens, vienne. » Que la prière de l'Eglise
s’inspire d'Osée 6/13 :
«Venez, retournons à l'Eternel
Car il a déchiré, mais il nous guérira,
Il a frappé, mais il bandera nos plaies.
Il nous rendra la vie dans deux jours,
Le troisième jour il nous relèvera,
Et nous vivrons devant Lui.
Connaissons, cherchons à connaître l'Eternel.
Sa venue est aussi certaine que l'aurore.
Il viendra pour nous comme la pluie,
Comme la pluie du printemps qui arrose la terre. »
« LES PELERINS ».
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Dans un format si réduit, l'ouvrage du Dr Smith, Le Réveil qu'il nous
faut, est le plus puissant plaidoyer que je connaisse en faveur du
Réveil. Pour l'écrire, l'auteur a été visiblement conduit par l'Esprit
de Dieu. Je ne puis que souligner d'un amen convaincu son insistance à
montrer le besoin d'un Réveil par le Saint Esprit. Ce que j'ai vu en
Corée et en Chine correspond absolument au Réveil préconisé dans ces
pages.
Le Dr Smith vient, bien à son heure, attirer notre attention sur
l'effort nécessaire qu'il faut faire et sur les méthodes à suivre pour
susciter un réveil moderne. Si nous avions tous assez de foi pour nous
attendre à Dieu dans une intense prière, il se produirait un authentique
Réveil par le Saint-Esprit, et le Dieu vivant en aurait toute la gloire.
En Mandchourie et en Chine, quand nous ne faisions que donner le message
et faire prier les gens, en restant dans l'ombre autant que possible,
nous étions témoins des plus grandes manifestations de la puissance
divine.
Si j'étais millionnaire, je placerais Le Réveil qu'il nous faut dans
chaque foyer chrétien, certain qu'il produirait un réveil qui balayerait
le monde entier.
Rév. Jonathan GOFORTH, D.D.
Auteur de « Par mon Esprit »
Editions de l'Institut Biblique de Nogent sur Marne,
39, Grand Rue.
Toronto (Canada)
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L'EFFUSION DE L'ESPRIT
C'était en 1904. Tout le Pays de Galles était en feu. La nation s'était
détournée de Dieu et l'état spirituel du peuple était à son déclin. Les
cultes étaient désertés et le péché régnait en maître partout.
Puis soudain, avec la violence d'une tornade inattendue, l'Esprit de
Dieu descendit sur le pays comme un vent impétueux, irrésistible. Les
chapelles se remplirent à déborder; les réunions se prolongèrent de 10
heures du matin jusqu'au milieu de la nuit, à raison de trois par jour.
Evan Roberts était l'instrument choisi de Dieu pour ce ministère, mais
il passait peu de temps à la prédication. Les chants spontanés, le
témoignage, la prière étaient les principaux éléments de ces rencontres.
On n'avait pas de recueils de cantiques, mais tout le monde les savait
par coeur depuis l'enfance. Pas de choeurs d'église, car tous les
assistants prenaient part au chant. Pas de collectes, et aucune espèce
de publicité.
Rien de pareil ne s'était jamais produit dans ce pays, avec des
résultats aussi durables. Les plus incrédules se convertissaient ;
ivrognes, apaches et joueurs étaient merveilleusement sauvés et des
milliers parmi les plus bas tombés, étaient rendus à une vie
respectable. De tous côtés éclataient des confessions révélant les plus
horribles délits et d'anciennes dettes étaient réglées. Le théâtre de la
ville dut fermer ses portes, faute de spectateurs. Les mulets, dans les
mines, refusaient de travailler, n'étant plus habitués aux bons
traitements. Dans l'espace de cinq semaines, environ 20.000 personnes
vinrent grossir les rangs des congrégations.
En 1835, Titus Coan débarqua sur la côte de Hawdi. Dès sa première
tournée, des multitudes affluèrent pour écouter son message. Il était
tellement pressé par les foules assoiffées de Dieu qu'il avait à peine
le temps de prendre ses repas. Il lui est arrivé de prêcher trois fois
avant de pouvoir déjeuner le matin. Il avait conscience d'une action
puissante et mystérieuse, venant directement de DIEU.
En 1837, le feu du Réveil éclata, et la population tout entière devint
son auditoire. Il prêchait communément à 15.000 personnes à la fois. Ne
pouvant les atteindre tous, les gens venaient à lui, et ce fut un «
rallye » immense qui se prolongea pendant deux années entières. Il n'y
avait pas une heure, de jour ou de nuit, où un auditoire de 2 à 6.000
personnes ne put être rassemblé immédiatement à l'appel de la cloche.
Des pleurs, des sanglots, des tremblements, des cris d'angoisse
couvraient parfois même la voix du prédicateur, chez plusieurs la
conviction de péché était si intense qu'ils tombaient évanouis. D'aucuns
s'écriaient : « Oh ! L’épée de l'Esprit m'a transpercé ! » Le moqueur
lui-même, venu là pour s'amuser, tombait à terre comme un chien mort, en
criant : « Dieu m'a frappé ! Dieu m'a frappé ! » Un jour, dans une
réunion en plein air, de 2.000 personnes, quelqu'un s'écria : « Que
dois-je faire pour être sauvé ? » et demanda comme le Péager : « Sois
apaisé envers moi, qui suis pécheur ! » Et cette supplication fut
répétée comme un écho par la congrégation tout entière. Pendant une
demi-heure, Coan ne put placer un mot, il ne pouvait que contempler en
silence, l'oeuvre de grâce du Seigneur.
Des ennemis furent réconciliés, des buveurs délivrés de leur vice, des
adultères purifiés et des meurtriers dévoilés et pardonnés. Bien des
escrocs restituèrent leurs larcins et les péchés de vies entières furent
confessés et abandonnés. Dans l’espace d'une année 5.244 personnes se
joignirent à l'Eglise, et un certain dimanche, on put compter jusqu'à
1.705 baptêmes et 2.400 participants à la Table du Seigneur, beaucoup
étaient autrefois parmi les plus vils pécheurs, mais aujourd'hui ils
étaient devenus des saints de Dieu ! Quand Titus Coan quitta le pays, il
avait baptisé 11.960 convertis venus au Seigneur par son moyen.
Dans la petite ville d'Adams, aux Etats-Unis, en 1821, un jeune avocat
se retira un jour dans un coin de la forêt pour prier. Il y rencontra
Dieu. Il fut glorieusement sauvé puis, peu après, revêtu de la puissance
du Saint-Esprit ! Cet homme, c'était Charles Finney.
Le bruit de ce baptême de l'Esprit se répandit bientôt et suscita un vif
intérêt dans toute la paroisse, de sorte que le soir même tout un
auditoire se rassembla spontanément dans la chapelle. Finney était
présent, et l'Esprit de Dieu descendit sur tout ce monde avec une telle
puissance donnant une telle conviction de péché que ce fut le début du
Réveil. Il devait se répandre comme un feu de brousse dans toute la
région jusqu'à ce que tous les Etats de l'Est fussent embrasés par la
puissance du Saint-Esprit. Chaque fois que Finney prenait la parole,
l'Esprit se répandait sur ses auditeurs. Parfois même, Dieu prenait les
devants, car en arrivant au lieu de la réunion, Finney trouvait les gens
déjà sous la conviction de péché, demandant à grands cris le pardon de
Dieu. Cette conviction était parfois si intense, suscitant de tels
gémissements, de tels cris d'angoisse qu'il devait se taire. Des
pasteurs et d'honorables membres d'église furent amenés à la nouvelle
naissance, tandis que d'innombrables pécheurs furent pris dans le filet
de l'Evangile. Cette puissante oeuvre de grâce se poursuivit pendant des
années, produisant un réveil unique dans l'histoire des Etats-Unis.
Je viens de rappeler trois épisodes historiques de l'effusion du
Saint-Esprit, et on pourrait en ajouter des centaines d'autres. Mais ces
quelques faits suffiront à vous faire comprendre ce que j'entends par un
réveil spirituel authentique. Nous en avons besoin aujourd'hui plus que
jamais, plus que de n'importe quoi d'autre.
Quand je pense que de telles visitations d'En haut ont été accordées à
la Chine, aux Indes, à la Corée, à l'Afrique, à l'Angleterre, au Pays de
Galles, aux Etats-Unis, et à bien des îles lointaines, mais qu'au
Canada, notre patrie bien-aimée, on n'a encore jamais connu un véritable
réveil national, mon coeur crie à Dieu pour qu'une pareille
manifestation de Sa puissance nous soit aussi donnée.
Croyez-vous que nous en ayons besoin ? Eh bien, écoutez-moi ! Combien de
nos églises sont à moitié vides, dimanche après dimanche ! Que de
multitudes n'y mettent jamais les pieds ! Combien de réunions de prière
sont régulièrement suivies et prospères ? Où est la soif réelle des
choses divines ?
Venons-en aux Missions ; aux terres lointaines au-delà des mers,
plongées dans les ténèbres du paganisme. Que faisons-nous pour ces
gens-là ? Sommes-nous hantés par le fait que des foules innombrables
périssent loin de Dieu et du salut ? En sommes-nous remplis d'angoisse ?
Ou bien sommes-nous confortablement endormis dans notre égoïsme
insensible ?
Que faisons-nous de tous les biens dont Dieu nous a comblés ? Prenez par
exemple les Etats-Unis, la nation la plus riche du monde, dont la
plupart des capitaux se trouvent entre les mains de chrétiens
professants. Les statistiques révèlent que ce pays a plus dépensé, au
cours de l'année, en chewing-gum qu'en dons pour la Mission. Combien y
a-t-il de chrétiens qui donnent à Dieu, même la dîme de tout ce que Sa
main leur dispense chaque jour ?
Et que dire de nos collèges et de nos séminaires, tant au pays que sur
les champs de mission, où le modernisme a fait ses ravages, où l'on
enseigne que Jésus n'a jamais fait de miracles, qu'Il n'est pas né d'une
vierge, ni ressuscité des morts, qu'Il n’a pas accompli notre rédemption
et que nous n'avons pas non plus à attendre Son retour ?
Combien de ceux qui portent le nom de « chrétien » vivent vraiment la
vie du Christ devant les hommes ? Oh ! Combien nous sommes déchus, par
notre vie si conforme à celle du monde ! Aussi rencontrons-nous bien peu
d'opposition de la part des hommes ! Où sont donc les cruelles
persécutions endurées par l'Eglise des premiers siècles ? Il est devenu
si facile, de nos jours, d'être chrétien !
Et qu'en est-il du ministère ? Nos prédicateurs sont-ils de ceux dont le
message empoigne le coeur des pécheurs pour les contraindre à la
repentance et les sauver de la perdition ? Combien d'âmes sont sauvées
dans nos temples par le sermon entendu chaque dimanche ? Oh ! Mes amis.
Nous débordons d'innombrables activités ecclésiastiques, alors que la
seule raison d'être de l'Eglise, l'évangélisation du monde, le salut des
âmes, tout cela est laissé à l'arrière-plan de nos préoccupations.
Où est l'authentique conviction de péché éprouvée autrefois à l'ouïe de
la Parole ? Est-elle devenue une chose de l'ancien temps ? Rappelons,
une fois de plus, une des réunions de Finney. Oh ! Si seulement nous
pouvions revivre cela aujourd'hui ! Il raconte entre autres, qu'au cours
de ses réunions à Antwerp, un vieillard l'invita à venir prêcher dans
l'école de son village. Quand il arriva, la salle était tellement bondée
qu'il put à peine s'y frayer un passage. Il parla longuement, puis fit
un appel direct, reprochant sans ménagement l'impiété et le fait qu'il
n'y avait aucun lieu de culte dans l'endroit. Alors tous furent saisis
d'une telle conviction de péché, l'Esprit s'abattit sur ces gens avec
une si irrésistible puissance que, l'un après l'autre, ils tombèrent à
genoux, ou même prostrés sur le sol, criant à Dieu pour qu'Il leur fasse
grâce. En quelques instants, toute la congrégation fut ainsi courbée, et
se mit à pousser de tels cris d'angoisse que le prédicateur dut
s'arrêter de parler, ne pouvant plus se faire entendre. Enfin,
s'adressant à haute voix au vieillard qui l'avait invité, et qui
contemplait cette scène avec stupéfaction, il lui demanda de prier. Puis
il conduisit ces âmes l'une après l'autre aux pieds de Jésus. Et le
vieillard dut prendre la direction de la réunion, tandis que Finney
partait pour en tenir une autre. La rencontre dans la salle d'école se
prolongea toute la nuit, si intense était la conviction de péché. Des
résultats permanents datent de cette inoubliable réunion. Parmi les
convertis se trouvait un jeune homme qui devint par la suite un
évangéliste de grande valeur.
Ah ! Mes amis, les hommes de ce siècle ont oublié Dieu. C'est pourquoi
le péché s'étale, éhonté, tout autour de nous. Les sermons prêchés du
haut de la chaire sont sans puissance aucune pour troubler les âmes à
salut. Je ne connais rien d'autre, si ce n'est une puissante effusion du
Saint-Esprit, pour faire face à une pareille situation. Un réveil de
cette trempe a transformé des centaines de communautés, en divers lieux,
et il peut le faire aussi chez nous.
Mais voilà, comment obtenir une telle effusion de l'Esprit ? Par la
prière, me répondrez-vous. Sans doute, par la prière, mais une chose
doit précéder cette prière pour le réveil. Il faudra nous attaquer de
front à la grave question du PÉCHÉ, car à moins que notre propre vie
soit en règle avec Dieu, que tout péché connu soit confessé et
résolument abandonné, nous pourrons bien prier jusqu'au jour du jugement
sans que jamais aucun réveil n'éclate dans nos églises ! « Ce sont vos
iniquités qui ont fait séparation entre vous et votre Dieu, et vos
péchés lui ont fait cacher de vous sa face, pour ne pas vous écouter » (Esaïe
59/2)
Notre meilleur guide en l'occurrence est bien la prophétie de Joël.
Examinons-la de près, car elle est un véritable appel à la repentance.
Dieu ne demande qu'à bénir Son peuple, c'est là tout Son désir ; mais le
péché de ce peuple est ce qui retient la bénédiction divine. Ainsi, dans
Son amour et dans Sa compassion, il est obligé de faire tomber sur nous
un terrible jugement. Nous en trouvons la description graphique dans les
deux premiers chapitres de ce livre prophétique. L'envahisseur a presque
atteint les portes de la ville. Mais voyez maintenant la grandeur de
l'amour de Dieu ! Ecoutez l'appel poignant qu'Il adresse à Son peuple,
au chapitre 2, versets 12 à 14 : « Encore maintenant, dit l’Eternel,
revenez à moi de tout votre coeur, avec jeûne et avec pleurs, et avec
deuil; et déchirez vos coeurs, et non vos vêtements, et revenez à
l'Eternel, votre Dieu, car il est plein de grâce et miséricordieux, lent
à la colère et riche en bonté, et il se repent. Qui sait ? »
Ami lecteur, je ne sais pas quel est ton péché particulier. Mais toi, tu
le sais et DIEU LE SAIT. Ce que je te demande, c'est d'y penser très
sérieusement en lisant ces lignes, car il vaut mieux cesser de prier
pour le Réveil jusqu'à ce que tu sois bien décidé à régler cette
affaire, à divorcer d'avec ton péché. « Si j'avais conçu l'iniquité dans
mon coeur, le Seigneur ne m'aurait pas écouté. » (Psaume 66/18) Permets
à Dieu, en ce moment même, de sonder ton coeur et de te révéler
l'obstacle à la bénédiction. TOUT PÉCHÉ DOIT ÊTRE CONFESSÉ ET ABANDONNÉ
SANS RÉSERVE.
Il est fort possible que tu aies à sacrifier quelque idole chère à ton
coeur, que quelque restitution s'impose à ta conscience. Peut-être es-tu
de ceux qui dérobent à Dieu ce qui lui revient de droit. Tout cela,
c'est ton affaire, non pas la mienne, c'est entre ton âme et Dieu.
Notons maintenant les versets 15 à 17 du chapitre 2. Le prophète a
convoqué une réunion de prière. Le péché a été jugé, confessé et
abandonné. Maintenant on peut prier librement. Maintenant le peuple de
Dieu peut lui adresser ses supplications, pour l'amour de Son nom, de
peur que les nations ne disent : « Où est leur Dieu ? » Ils prennent les
choses à coeur à présent et leur prière aura gain de cause auprès de
Dieu. Ecoutez ceci : « Sonnez de la trompette en Sion ; sanctifiez un
jeûne ; convoquez une assemblée solennelle ; assemblez les enfants et
ceux qui tètent…que les sacrificateurs pleurent entre le portique et
l'autel, et qu'ils disent : Epargne ton peuple, ô Eternel, et ne livre
pas ton héritage à l'opprobre...car pourquoi dirait-on parmi les peuples
: Où est leur Dieu ? »
Oh mes frères, est-ce que vous PRIEZ vraiment ? Savez-vous ce que c'est
que de plaider avec Dieu en faveur de cette ville ? Le suppliez-vous
nuit et jour pour qu'Il répande sur nous Son Esprit Saint ? C'est
l'heure, plus que jamais, de nous adonner à la prière ! Dans l'histoire
de Finney, il est question d'une période de fléchissement du Réveil, le
feu de l'Esprit semblait devoir s'éteindre. Alors il convoqua les jeunes
et les engagea, par un serment solennel, à prier le matin, à midi et le
soir pendant toute une semaine. L'Esprit se répandit alors tout à
nouveau et, avant la fin de la semaine, les salles de réunions étaient
plus remplies que jamais.
Bien entendu, il faut pour cela la prière de la FOI, la prière qui
s'attend à recevoir. Si Dieu met un fardeau de prière sur le coeur de
Ses enfants, s'Il les contraint de crier à Lui pour le Réveil, c'est
bien le signe certain de Son intention d'accorder cette visitation d'En
Haut, et Il ne manquera pas d'accomplir fidèlement Sa promesse. « Il y
aura des Pluies de bénédiction. » (Ezéchiel. 34/26) Dieu ne nous fera
jamais défaut ; mais avons-nous cette foi qui s'empare des promesses
divines ? Nous attendons-nous vraiment à voir le Réveil se produire
parmi nous ?
Notez enfin la prompte réponse, au verset 18 après qu'ils eurent
abandonné leur Péché et crié à Dieu dans la prière : « Alors, l'Eternel
sera jaloux pour son peuple et aura pitié de lui. » L'exaucement ne se
fait pas attendre longtemps une fois que les conditions sont remplies.
Nous en avons la description détaillée aux versets 28 et 29 : « Et il
arrivera après cela que je répandrai mon Esprit sur toute chair, et vos
fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes, vos
jeunes gens verront des visions ; et aussi sur les serviteurs et sur les
servantes, en ces jours-là, je répandrai mon Esprit. »
Oh ! Mes frères, l'obstacle n'est pas du côté de Dieu, croyez-moi, mais
bien de notre côté à nous. Dieu est prêt à nous exaucer, plus que prêt à
répandre la bénédiction ; mais c'est NOUS qui ne le sommes pas ! Pour ce
Réveil que nous lui demandons c'est LUI qui nous attend ! Frères et
soeurs, combien de temps allons-nous encore Le laisser attendre ?
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LES RESPONSABILITÉS D'UN RÉVEIL
Aussi loin que je puis me souvenir, mon coeur a toujours brûlé au dedans
de moi à l'ouïe des récits de l'oeuvre de Dieu dans les grands réveils
du passé. Les héroïques messagers de la Croix en terre païenne, comme
les hommes de Dieu solitaires qui, dans nos pays, ont été les
instruments de la visitation divine, ont toujours été pour moi une
source d'inspiration indicible. David Brainerd, Adoniram Judson, Charles
Finney, Robert Murray, Mc Cheyne et beaucoup d'autres encore sont
devenus mes compagnons, mes plus intimes amis.
Je les ai observés de près, j'ai écouté leur message, partagé leur vie,
au point de m'imprégner de l'esprit, de l'atmosphère dans laquelle ils
se mouvaient. Leurs épreuves et leurs tentations, leurs prières et leurs
larmes, leurs joies et leurs peines, leurs glorieuses victoires et leurs
entreprises bénies ont fait tressaillir mon âme, et je suis tombé sur ma
face, m'écriant avec le prophète d'antan : « Oh ! Si tu déchirais les
cieux, et si tu descendais ! » (Esaïe 64/1)
Les manifestations divines telles que le grand Réveil du XVIIIème siècle
avec John Wesley, l'extraordinaire visitation d'En Haut qui secoua
l'Irlande en 1859, la glorieuse manifestation de l'Esprit en Amérique,
au XIXème siècle, avec Finney, et enfin plus récemment, le beau Réveil
du Pays de Galles en 1904/05, ont été ma nourriture et mon breuvage
depuis des années. J'ai entendu, en esprit, les cris et les sanglots
irrésistibles des âmes courbées sous la conviction de péché, l'appel
désespéré des pécheurs repentants, ainsi que les louanges inexprimables
des heureux rachetés. Et j'ai soupiré en moi-même, dans mon ardent désir
de voir, aujourd'hui encore, une telle manifestation de la présence de
mon Dieu et de Sa puissance merveilleuse.
Depuis mon adolescence j'ai toujours aimé, à lire ce qui touche à
l'oeuvre du Seigneur ; mais, tout dernièrement, j'ai été poussé à mettre
tout le reste de côté pour dévorer avidement tout ce qui me tombait sous
la main concernant le Réveil. En me penchant sur la vie de ceux dont
Dieu a pu se servir au cours des siècles, que ce soit les Puritains, les
premiers Méthodistes, ou ceux des temps modernes, ces hommes si
évidemment approuvés de Dieu, en voyant comment ils ont travaillé,
lutté, prié, et obtenu ce qu'ils attendaient de Lui, j'ai été contraint
d'admettre qu'il n'existait actuellement rien de semblable, pas plus
dans mon propre ministère que dans celui de mes collègues. L'église en
général ne semble pas poursuivre de but défini ; elle ne vise pas à des
résultats tangibles, aussi n'en voit-elle guère se produire. On prêche
bien, mais sans jamais rêver qu'il se produise quoi que ce soit comme
fruit de cette prédication. Oh ! Combien nous avons glissé loin des
lignes divines et combien profonde est notre déchéance spirituelle !
Oui, frères et soeurs, nous sommes devenus des ouvriers impuissants, des
ouvriers inutiles pour notre Dieu !
Un rapport affirme que dans 7.000 églises de notre pays, pas une seule
âme n'a été gagnée à Christ au cours d'une année, ce qui implique que
7.000 pasteurs ont annoncé la Parole de Dieu, pendant 52 semaines, sans
atteindre un seul pécheur par leur prédication ! Pensez à tout le temps,
la peine, l'argent dépensés pour produire ces 500.000 sermons environ,
s'adressant à des milliers d'auditeurs, sans qu'une seule âme ait été
amenée à l'assurance du salut en Christ !
Il faut admettre qu'il y a quelque chose de radicalement faux dans de
tels ministères, soit dans le prédicateur lui-même, soit dans ses
sermons (ou probablement dans tous les deux).
En relisant les « Douze règles » de la première Eglise Méthodiste, je
suis frappé du fait que ces gens-là considéraient le salut des âmes
comme le but suprême de leur vie et de leur ministère. En voici un
extrait :
« Vous n'avez rien d'autre à faire qu'à gagner des âmes à Christ.
Dépensez-vous donc sans réserve pour cette tâche unique. Votre affaire
n'est pas de prêcher un certain nombre de sermons, mais de sauver autant
d'âmes que vous le pourrez, d'amener à la repentance autant de pécheurs
qu'il vous sera possible, puis de concentrer tous vos efforts à les
affermir dans la vie de sanctification sans laquelle ils ne pourront
voir le Seigneur. » (Hébreux 12/14)
Nous en trouvons l'application pratique dans la vie de William Bramwell,
l'un de leurs plus remarquables ouvriers :
« Il n'était pas, selon l'acceptation commune du terme, un brillant
prédicateur. Mais si le meilleur médecin est celui qui obtient le plus
de guérisons, on peut en déduire que le meilleur prédicateur est bien
aussi celui qui attire le plus d'âmes à son Sauveur. Et, dans ce
domaine, on peut classer William Bramwell parmi les plus éminents
ministres de l'Evangile. »
John Oxtoby fut aussi un homme dont Dieu pouvait se servir, aussi
déclare t il lui-même :
« Je suis témoin chaque jour de la conversion des pécheurs, et je sors
rarement de chez moi sans que Dieu m'accorde de voir des fruits... »
On dit également de John Smith, cet homme oint de l'Esprit comme peu
d'autres, père spirituel de milliers d'âmes, qu'il n'avait aucune
considération pour le ministère et n'attachait d'importance à la
prédication que dans la mesure où les âmes étaient amenées au salut. «
Je suis bien décidé à n'avoir pour but, par la grâce de Dieu, que le
salut des âmes ! » s'écriait-il. « Un ministre de l'Evangile est envoyé
pour faire passer les hommes des ténèbres à la lumière, du pouvoir de
Satan à Dieu (selon Actes 26/18). » Aussi avait-il une sainte horreur
des prédications qui ne produisaient autre chose qu'une jouissance
intellectuelle chez leurs auditeurs. Rien ne saurait mieux caractériser
cet homme de Dieu que sa remarque à un ami au sujet des sermons issus de
l'intellect et de l'imagination de l'homme : « Ils ne produisent rien de
rien, mon cher ! »
« Je ne puis comprendre, disait Thomas Taylor, comment ces
prédicateurs peuvent continuer ainsi, inlassablement, sans jamais voir
aucun fruit. Si c'était le cas pour moi, j'aurais bientôt fait d'en
tirer la conclusion que je ne suis pas à ma place. »
« Si vous ne prenez pas sérieusement à coeur, comme le but suprême de
votre service, le salut et l'édification de vos auditeurs, si toute
votre étude de la Parole et votre prédication n'ont pas cette espérance
en vue, il est peu probable que vous voyiez jamais le fruit de vos
labeurs. C'est un bien mauvais signe, et la marque d'un coeur égoïste et
indifférent, quand un serviteur de Dieu se trouve satisfait d'un
ministère stérile et sans résultat aucun. » (Richard Baxter.)
Je me suis mis à comparer les résultats de mon propre ministère avec les
promesses de Dieu. Dans Jérémie 23/29 je lis : « Ma parole n'est elle
pas un feu, dit l'Eternel, et un marteau qui brise le roc ? » Et dans
Ephésiens 6/17 : « L'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu. » Et
plus j'y réfléchissais, plus je me rendais compte que dans mon ministère
cette parole n'était ni un feu, ni un marteau, ni une épée, hélas ! Elle
ne brûlait, ni ne frappait, ni ne transperçait les âmes; non, il ne se
passait absolument rien de semblable. Pourtant, dans Hébreux 4/12, nous
lisons que « La Parole de Dieu est puissante et efficace, plus aiguë
qu'aucune épée à deux tranchants, transperçant jusqu'à la division de
l'âme et de l'esprit, des jointures et des moelles, discernant les
pensées et les intentions du cœur. » Mais je ne l'avais jamais vue
produire pareils résultats. John Wesley, John Smith et d'autres en
étaient constamment témoins, pas moi. « Ainsi en est-il de ma parole qui
sort de ma bouche ; elle ne retourne point à moi sans effet, sans avoir
exécuté ma volonté et accompli mes desseins. » (Esaïe 55/11) Et je
savais bien que cette merveilleuse promesse ne s'était encore jamais
accomplie par mon ministère. Je n'avais aucune preuve, comme l'apôtre
Paul, comme Bramwell ou Finney, que Sa parole ne fût pas retournée à Lui
sans effet en bien des occasions. J'avais pourtant le droit d'obtenir de
telles preuves. Quoi d'étonnant, dès lors, si j'ai commencé à passer au
crible ma prédication ?
Et Pas seulement ma prédication, mais aussi et surtout ma vie de prière.
Ce domaine sacré devait être également mis à l'épreuve d'après les
résultats obtenus. Et je fus contraint d'admettre que la confiante
affirmation de Jérémie 33/3 : « Invoque-moi et je te répondrai, et je te
ferai voir des choses grandes et cachées que tu ne sais pas », ne
s'était jamais réalisée dans ma propre expérience. Ces « choses grandes
et cachées » étaient le pain quotidien d'hommes tels qu'Evan Roberts,
Jonathan Goforth, etc., mais pas le mien. Mes prières de chaque jour
n'obtenaient pas ces exaucements définis et immédiats. Donc la promesse
de Jean 14/13-14 : « Quoi que ce soit que vous demandiez en mon nom, je
le ferai » et encore « Si vous demandez quelque chose en mon nom, cela
vous sera fait » n'était pas réelle en ce qui me concerne. Pour moi, de
telles promesses n'étaient pas vraiment essentielles puisque j'avais
demandé tant et tant de choses que je n'avais jamais obtenues, ce qui
constituait une contradiction aux déclarations de la Parole de Dieu.
J'en vins donc à saisir qu'il y avait quelque chose de radicalement faux
dans ma vie de prière. Et, en lisant l'autobiographie de Finney, je
compris qu'il avait passé par une expérience tout à fait semblable.
« J'étais particulièrement frappé dit-il, en constatant que les
prières que j'écoutais, semaine après semaine, n'étaient apparemment
jamais exaucées. Le fait est que ceux qui faisaient monter vers Dieu ces
requêtes ne les considéraient pas eux-mêmes comme exaucées. Ils
s'exhortaient l'un l'autre à se réveiller, à s’engager résolument dans
la prière pour le Réveil, affirmant que si chacun faisait son devoir,
priant avec persévérance pour l'effusion du Saint-Esprit, le Réveil
viendrait et les pécheurs seraient sauvés. Mais dans toutes leurs
réunions de prière, ils confessaient, en substance, qu'aucun progrès
n’avait été fait. Cet illogisme, le fait qu'ils priaient tellement et
n'étaient jamais exaucés, était pour moi une pierre d'achoppement. Je
n'y comprenais rien : ou bien ces gens n'étaient pas de vrais chrétiens
et de ce fait ne pouvaient rien obtenir de Dieu, ou bien j’avais mal
compris les affirmations si positives de la Parole de Dieu sur le sujet.
Ou encore la Bible se serait-elle trompée ? Il y avait là pour moi un
problème insoluble qui me troublait au point de me faire presque tomber
dans le scepticisme. Il me semblait que les enseignements de la Bible ne
cadraient pas du tout avec les faits dont j'étais constamment témoin.
Un jour, lors de cette même réunion de prière, les frères me demandèrent
si je voulais qu'on priât pour moi. Je répondis que non, car je ne
voyais pas que Dieu répondît à leurs prières. Je me savais bien pécheur,
ayant besoin des prières de l'Eglise. « Mais, leur dis je, je ne vois
pas le bien que cela me ferait, puisque depuis si longtemps vous
demandez à Dieu un réveil, sans jamais l'obtenir ! »
Quand John Wesley terminait son message, il criait à Dieu, lui demandant
de « confirmer Sa Parole et d'y mettre Son sceau », et Dieu le faisait.
Les pécheurs étaient frappés immédiatement par une terrible conviction
de péché. Ils se mettaient à crier grâce puis, au bout d'un moment, ils
étaient libérés de leur fardeau et remplis d'une joie inexprimable, dans
l'assurance de leur salut. Dans son merveilleux journal, Wesley raconte
en ces termes ce qu'il a vu et entendu :
« Beaucoup étaient choqués par les cris que poussaient ceux qui
avaient été frappés par la puissance d'En haut. Parmi eux un médecin qui
craignait qu'il n'eût à faire à des simulateurs. Il vit une dame, qu'il
connaissait depuis des années, éclater en sanglots visiblement sous la
conviction du péché. Il ne pouvait en croire ses yeux. Il s'approcha
d'elle, il vit la sueur couler de son front, ses membres se mirent à
trembler. Evidemment ce n'était pas une comédie, ni un phénomène
physique. Quand il vit tous ces symptômes disparaître en un instant, et
être remplacés par la joie du salut, il dut admettre que c'était bien
l'action de la puissance de Dieu. »
Telle était aussi l'expérience de l'Eglise primitive, telle qu'elle nous
est rapportée au livre des Actes : « Après avoir entendu ce discours,
ils eurent le coeur vivement touché, et ils dirent... aux apôtres :
Hommes frères, que ferons nous ? » (2/37) « Ils séjournèrent donc là
assez longtemps, parlant hardiment au nom du Seigneur qui rendait
témoignage à la parole de sa grâce, accordant que des prodiges et des
miracles se fissent par leurs mains. » (14/3) Les Apôtres priaient «
afin que des signes et des miracles s'accomplissent » (4/30). Et Paul
nous déclare, dans Romains 1/16, que « l'Evangile est la puissance de
Dieu pour le salut. » Mais hélas ! Je ne voyais rien de tout cela dans
mon propre ministère !
Au cours du Réveil d'Irlande, en 1859, ces « signes et miracles » se
produisaient de toutes parts, et c'était également l'expérience
quotidienne des premiers Méthodistes. Mais pour moi, cet Evangile que je
prêchais n'était guère « la puissance de Dieu pour le salut » ; Dieu ne
pouvait « confirmer Sa Parole » ni mettre le sceau de Son approbation
sur mon ministère. Je savais toutefois que j'avais le droit de
m'attendre à de pareils résultats, puisque Jésus Lui-même avait fait la
promesse : « Vous ferez les oeuvres que je fais, et vous en ferez même
de plus grandes. » (Jean 14/12)
Alors je me mis à lire attentivement ce livre des Actes pour découvrir
si oui ou non les Apôtres et leurs collègues de l'Eglise primitive
obtenaient des résultats partout où ils allaient. Et je vis clairement,
en lisant ces pages inspirées, que ces hommes-là s'attendaient à voir du
fruit de leur travail, et qu'ils ne manquaient jamais d'être exaucés.
Quand Pierre proclama la Parole, le jour de la Pentecôte, 3.000 âmes
répondirent à ce premier appel. Voilà, il me semble, des résultats. Il
en fut de même pour Paul. Suivez-le de lieu en lieu et vous verrez des
églises chrétiennes surgir du paganisme. Notez bien, en parcourant tout
le livre, les résultats cités en chaque occasion :
« Environ 3.000 âmes furent ajoutées. » (2/41)
« Beaucoup de ceux qui écoutèrent la parole crurent et se tournèrent
vers le Seigneur » (11/21)
« Un peuple nombreux fut ajouté au Seigneur » (11/24)
« Et une grande multitude de Juifs et de Grecs crurent » (14/1)
« Quelques uns furent persuadés...et une grande multitude de Grecs, et
des femmes de haut rang en assez grand nombre » (17/4)
« Quelques-uns se joignirent à lui et crurent... » (17/34). « Les uns
furent persuadés des choses que Paul disait... » (28/24)
Et Paul était à même de déclarer avec assurance « toutes les choses que
Dieu avait accomplies par son ministère » (21/19)
Mais moi, comme j'étais loin de pareilles expériences ! Comme j'avais
honteusement manqué le but, ce but même pour lequel Dieu m'avait appelé
pour être Son porte parole ! Pouvais-je écrire, après une prédication :
« un grand nombre crurent et se tournèrent vers le Seigneur » ? Ou même
: « quelques-uns crurent » ? Non, il ne m'était pas possible de
raconter, à l'exemple de Paul, « ce que Dieu avait accompli par mon
ministère » !
Cependant Dieu déclare clairement et positivement dans Sa Parole que
chacun de Ses serviteurs est appelé à porter du fruit. « Je vous ai
choisis, dit Jésus à Ses disciples, et je vous ai établis, afin que vous
alliez et que vous portiez du fruit » (Jean 15/16) Pendant trop
longtemps je m'étais contenté de semer, d'évangéliser, me réfugiant
derrière l'excuse classique que je laissais à Dieu le soin des
résultats, et pensant que j'avais fait mon devoir, après tout. Mais
quand les gens sont sauvés, quand ils ont reçu une réelle bénédiction,
ils ne manquent pas de le publier, et s'ils n'en font rien, il y a tout
lieu de douter des résultats. Georges Whitefield recevait parfois des
centaines de lettres, après une prédication, qui témoignaient des
bénédictions reçues, des conversions opérées par Dieu.
« Quand vous vous rendez au culte public, disait le Dr Watts, ayez
pour but précis d'atteindre les âmes, de les persuader, de les amener à
la repentance et au salut. Prêchez pour ouvrir les yeux aveuglés, pour
déboucher les oreilles des sourds, pour faire marcher les boiteux et
rendre sages les insensés, pour ressusciter ceux qui sont morts dans
leurs fautes et leurs transgressions et les amener à une vie divine et
céleste, pour contraindre les pires rebelles à se tourner vers une vie
d'obéissance et d'amour envers leur Créateur, par Christ leur
Rédempteur, afin qu'ils soient réconciliés, pardonnés et sauvés. Oui,
frères, allez répandre la bonne odeur de Christ et de Son Evangile dans
toute une communauté pour attirer les âmes à Sa grâce et à Sa gloire. »
Il y a des chrétiens qui se sentent spécialement qualifiés pour
édifier des croyants, et ainsi ils s'adonnent d'une manière exclusive à
ce ministère parmi les saints. C'est précisément sur ce point que j'ai
moi-même été séduit pendant un temps. Je me sentais des dons spéciaux
pour l'enseignement, pour l'édification des jeunes chrétiens, pour aider
à les conduire dans la vie de plénitude en Christ. Dans ce but, je me
mis à préparer toute une série de messages consacrant désormais mon
temps à ce ministère, jusqu'au jour où, dans Sa bonté, Dieu m’a ouvert
les yeux et m'a montré que je me trompais de chemin. Le fait est que
rien ne contribue davantage à l'approfondissement des croyants, à leur
affermissement dans la foi que de voir des âmes sauvées. Les réunions de
Réveil, là où la puissance du Saint-Esprit est à l'oeuvre pour
convaincre de péché et sauver les perdus, font davantage pour les
progrès spirituels des chrétiens que des années de l'enseignement le
plus orthodoxe. Ce fut là l'expérience de David Brainerd chez les
Indiens parmi lesquels il travaillait :
« Beaucoup d'entre eux ont gagné davantage en connaissance de la
doctrine et des vérités divines, depuis ma dernière visite en juin
dernier, que ce qu'on aurait pu leur inculquer pendant des années
d'enseignement systématique des Ecritures, en dehors de cette influence
divine. »
L'incident suivant nous est rapporté au sujet de William Bramwell : «
Plusieurs conducteurs d'églises locales, dit-il, avaient déclaré que
leurs talents ne consistaient pas à réveiller les pécheurs impénitents,
mais plutôt à édifier, à fortifier les croyants dans la foi. » William
Bramwell chercha à leur démontrer que de tels arguments masquaient bien
souvent un aveu de déchéance, de tels hommes ayant perdu leur puissance
spirituelle. On ne peut nier, certes, que certains prédicateurs
possèdent un message spécial pour l'édification des saints et leur
consolation ; mais le vrai serviteur de Dieu, celui qui a été envoyé par
Christ dans Sa vigne, doit être capable de labourer, planter, semer,
arroser, etc. Et W. B. exhorta vivement ces prédicateurs à ne jamais se
contenter d'un service qui ne produirait ni réveil ni conversion.
Edifier les croyants dans leur très sainte foi était le but principal du
ministère de John Smith; mais ce service particulier n'était un succès
que s'il aboutissait à la conversion des pécheurs. « L'homme qui
travaille le plus efficacement à l'édification des saints, c'est celui
qui se dépense sans compter pour la conversion des pécheurs ! » (Vie de
John Smith.)
Le travail exclusif parmi les croyants n'est pas une fin en soi, et ne
saurait suffire. Si spirituelle qu'une assemblée puisse professer
d'être, si les âmes n’y sont pas sauvées, c'est qu'il y a quelque chose
de faux à la base ; et cette prétendue spiritualité n'est qu'une
expérience irréelle, un mirage causé par l'adversaire. Les gens pieux
qui se contentent de se rencontrer pour passer un moment béni ensemble
sont en réalité bien loin de Dieu, car la spiritualité authentique doit
avoir une application pratique. Une assemblée vraiment spirituelle a
l'amour des âmes ; le désir ardent de voir les pécheurs sauvés consume
les cœurs. Il m'est arrivé de visiter certains rassemblements ayant une
réputation de haute spiritualité, et de découvrir que tout ce que ces
gens possédaient était dans leurs têtes, mais que le coeur était vide ;
et, ce qui est plus triste encore, il se trouvait parmi ces gens si
pieux bien des péchés secrets, non confessés. « Ayant la forme de la
piété, mais ayant renié ce qui en fait la force ! » (2 Timothée 3/5) Oh
! Combien tout cela est tragique, frères et soeurs, oui, tragique !
Arrêtons-nous donc un instant pour faire passer au crible notre
soi-disant spiritualité et nous demander ce qu'elle produit, en fin de
compte ? Disons-nous bien que seul un authentique Réveil dans tout le
Corps de Christ, ayant pour fruit le salut des pécheurs, peut satisfaire
le coeur de notre Dieu !
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LES DOULEURS DE L'ENFANTEMENT
Nous lisons dans Esaïe 66/8 : « Aussitôt que Sion a été en travail, elle
a enfanté ses fils. » C'est là l'élément le plus essentiel de tout
service pour Dieu. Un enfant peut-il venir au monde sans provoquer de
douleur ? Une naissance peut-elle se produire sans être accompagnée de
souffrance pour celle qui enfante ? Et pourtant, combien de serviteurs
de Dieu s'attendent, dans le domaine spirituel, à ce qui est impossible
dans le domaine naturel ! Oh ! Mes frères, rien, absolument rien de
moins que ce travail d'enfantement ne saurait produire une génération
d'enfants spirituels. Finney nous dit qu'il ne pouvait plus parler,
qu'il ne pouvait que soupirer et gémir quand il plaidait avec larmes
devant son Dieu pour le salut d'une âme perdue. Cela, c'était le
véritable travail spirituel !
Nous savons bien crier à Dieu pour un enfant qui se noie, mais pourquoi
pas pour une âme courant vers la perdition éternelle ? Il nous est
naturel d'éclater en sanglots en voyant cet être cher sombrer pour la
dernière fois sous les flots ; l'angoisse est naturelle en pareil cas.
Ou encore, quand la tombe se referme sur ce que nous avons de plus
précieux au monde, comme nos larmes coulent d'elles-mêmes ! Mais quand
nous pensons à toutes ces âmes précieuses qui périssent chaque jour tout
autour de nous, s'en allant le désespoir au coeur vers les ténèbres
éternelles, nous n'en ressentirions aucune angoisse, aucune larme ne
jaillirait de nos yeux, aucun combat ne se livrerait dans notre coeur
pour leur salut ! Oh ! Mes frères, combien nos coeurs sont devenus
froids et durs et combien peu nous éprouvons les compassions du Seigneur
Jésus ! Pourtant, Dieu veut mettre en nous de tels sentiments, et c'est
bien de notre faute si nous les ignorons encore.
Jacob, vous le savez, a connu ce combat intense dans la prière, à Péniel,
jusqu'à la victoire (lire Genèse 32/24-31). Mais qui d'entre nous prie
de cette façon aujourd'hui ? Oh ! Mes frères, qui est-ce qui connaît ce
travail d'enfantement ? Combien y en a-t-il, parmi nos conducteurs
spirituels, même les meilleurs, qui se contentent de passer une petite
demi-heure sur leurs genoux et se considèrent ensuite comme des hommes
de prière ! Nous attendons des résultats extraordinaires, et nous avons
raison; ces signes et ces miracles nous seront donnés, mais seulement
par des efforts extraordinaires dans le domaine spirituel. Rien de moins
que ce plaidoyer ardent et continu, ces heures de prière allant jusqu'à
l'agonie de l'âme, ces jours et ces nuits d'intercession, ne nous ferons
parvenir au but. C'est pourquoi « Ceigniez-vous et lamentez-vous,
sacrificateurs hurlez, vous qui servez l'autel ; venez, passez la nuit
sous le sac, vous qui servez mon Dieu ! ...Sanctifiez un jeûne,
convoquez une assemblée solennelle ; assemblez les anciens, tous les
habitants du pays, à la maison de l'Eternel votre Dieu, et criez à
l'Eternel ! » (Joël 1/13-14)
Oui, Joël, lui, connaissait le secret. Que le peuple laisse tout,
absolument tout de coté, et qu'il crie à l'Eternel !
« Nous lisons dans les biographies de nos ancêtres, des plus zélés
gagneurs d'âmes, que ces hommes-là passaient des heures dans la prière
secrète. Et la question se pose à notre esprit aujourd'hui :
Pouvons-nous obtenir les mêmes résultats sans suivre leur exemple ? Si
oui, eh bien, faisons voir au monde que nous avons découvert un meilleur
moyen. Si non, alors je vous en conjure au nom du Seigneur,
engageons-nous résolument dans les traces de ceux qui « par la foi et
par la patience, ont hérité des promesses. » Nos pères savaient prier
avec larmes et jusqu'à l'agonie, criant à Dieu pour le salut des
pécheurs. Ils ne prenaient aucun repos jusqu'à ce que les âmes soient
transpercées par l'épée de l'Esprit qui est la Parole de Dieu. C'était
là tout le secret de leurs triomphes et de leurs conquêtes. Dès que le
mouvement de l'Esprit semblait se ralentir, dès que la tiédeur
s'installait à nouveau dans la communauté, ils se remettaient à lutter
dans la prière jusqu'à ce que Dieu eût déversé Son Esprit sur Son peuple
et amené la conversion des pécheurs. » (Cité de : « Pour ceux qui
cherchent »)
Tous les véritables hommes de Dieu furent des hommes de prière, des
hommes puissants dans l'intercession. Jamais le soleil ne se levait sur
la Chine sans trouver Hudson Taylor à genoux. Quoi d'étonnant, dès lors,
si la « Mission intérieure de la Chine » a été, et est encore, une
oeuvre si manifestement approuvée de Dieu !
Si la conversion est l'oeuvre du Saint-Esprit, la prière est la
puissance qui provoque cette opération divine. Ce n'est pas par les
hommes, mais par DIEU que les âmes sont sauvées ; et, puisque Dieu agit
en réponse à la prière, nous n’avons pas le choix dans cette affaire, il
ne nous reste qu'à adopter résolument le plan divin. LA PRIERE FAIT
MOUVOIR LE BRAS QUI REGIT L'UNIVERS.
Ce n'est pas chose facile, certes, que de lutter jusqu'à la victoire
dans la prière. Seuls ceux qui se sont attaqués ainsi aux puissances
adverses, aux princes des ténèbres, savent ce que cela peut coûter. Paul
nous dit bien que « nous n'avons pas à combattre contre la chair et le
sang, mais contre les principautés, contre les puissances, contre les
dominateurs des ténèbres de ce monde, contre les esprits mauvais dans
les lieux célestes » (Ephésiens 6/12). Et quand c'est l'Esprit Saint qui
prie à travers nous, c'est « avec des soupirs qui ne se peuvent exprimer
! » (Romains 8/26)
Oh ! Qu’ils sont rares, mes frères, ceux qui trouvent le temps de prier
de nos jours ! On a bien le temps pour tout le reste, pour dormir et
pour manger, pour lire le journal ou un livre, pour aller voir ses amis,
pour toutes les innombrables affaires de la vie terrestre, mais pour la
PRIERE, la chose la plus indispensable, la plus importante, la plus
urgente de toutes, on n'a pas le temps !
Pensons à Suzanne Wesley qui, bien que mère de 19 enfants, trouvait le
temps de s'enfermer dans sa chambre chaque jour pendant une heure
entière, seule avec son Dieu pour la prière. Non, mes amis, ce n'est pas
tellement une question de TROUVER le temps que de PRENDRE le temps à
tout prix, et cela, nous POUVONS le faire si vraiment nous l'avons à
coeur.
Cette affaire était si essentielle aux yeux des apôtres, qu'ils
refusèrent de passer leur temps à servir aux tables, mais déclarèrent à
leurs frères : « Nous-nous adonnerons à la PRIERE, et au ministère de la
Parole » (Actes 6/4). Mais de nos jours, combien de serviteurs de Dieu
sont écrasés par le fardeau des finances de l'oeuvre, imposé par leurs
supérieurs, comme si c'était leur affaire ! Comment s'étonner de la
pauvreté des résultats spirituels dans leur ministère ?
« Il arriva en ces jours-là qu'Il se rendit dans la montagne pour prier,
et Il demeura TOUTE LA NUIT A PRIER DIEU » (Luc 6/12) Voilà ce qu'il
nous est dit du Fils de Dieu. Et si la prière était à ce point
nécessaire à Son ministère, combien plus ne l'est-elle pas au nôtre,
frères ! Pensez-y un peu : Toute une nuit passée dans la PRIERE !
Combien de fois cela nous est-il arrivé ? De là la force spirituelle du
Seigneur Jésus, de là aussi notre propre faiblesse !
Avec quelle ferveur les prophètes d'antan exhortaient leur peuple à la
prière ! Ecoutez Esaïe, par exemple, quand il s'écrie avec véhémence : «
Vous qui faites se ressouvenir l’Eternel, ne gardez pas le silence et ne
lui laissez aucun repos jusqu'à ce qu'il établisse Jérusalem et qu'il en
fasse un sujet de louange sur la terre. » (Esaïe 62/6-7)
« Qu'entre le portique et l'autel pleurent les sacrificateurs,
serviteurs de l'Eternel, et qu'ils disent : Eternel, épargne ton peuple
! Ne livre pas ton héritage à l'opprobre, aux railleries des nations !
Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ? » (Joël 2/17)
Et ils ne faisaient pas qu'exhorter les autres. Ils s'adonnaient eux
mêmes à la prière. Daniel nous dit en effet : « Je tournai ma face vers
l'Eternel, mon Dieu, pour le rechercher par des prières et des
supplications, dans le jeûne, et le sac et la cendre. Et je priai
l'Eternel, mon Dieu, et je fis ma confession. » (Daniel 9/3-4) Esdras,
de même, savait user de cette arme puissante, en temps d'épreuve et de
perplexité : « Je tombai à genoux » dit-il au ch. 9, v. 5 « et j'étendis
mes mains vers l'Eternel... » Suit sa longue et remarquable prière
d'intercession. La même méthode fut encore celle de Néhémie : « Et il
arriva, quand j'entendis ces paroles, que je m'assis et pleurai, et je
menai deuil certains jours, et je jeûnai et je priai le Dieu du ciel »
(Néhémie 1/4).
Nous savons que c'était aussi l'habitude de l'Eglise primitive, car à
propos de l'emprisonnement de l'apôtre Pierre, il nous est dit que «
l'Eglise faisait d'instantes prières pour lui », que dans la maison de
Marie, mère de Marc « plusieurs étaient assemblés pour prier » (Actes
12).
Avant de clore ce sujet si important, consultons, si vous le voulez
bien, le témoignage des serviteurs que Dieu a pu honorer de Ses
bénédictions, et voyons ce qu'ils nous révèlent quant au secret du
travail fécond et productif. Oh ! Que le Seigneur mette aussi sur nous
ce même fardeau de prière et de supplication qui caractérisait ces
géants de la foi et remplissait leurs âmes d'une si ardente passion !
Le 21 juin 1630, John Livingstone (ne pas confondre avec le
missionnaire David Livingtone, 1813-1873) passa une nuit entière dans la
méditation et la prière pour se préparer à la prédication du lendemain.
Après qu'il eut prêché pendant une heure, en plein air, des gouttes de
pluie produisirent de l'émoi parmi la congrégation. Mais Livingstone,
après leur avoir demandé s'ils avaient trouvé le seul abri contre la
tempête de la colère à venir, poursuivit son discours pendant toute une
heure encore. Et 500 personnes environ se convertirent sur le Champ.
« J'ai connu autrefois un pasteur, écrit Finney, qui a connu un réveil
dans son église pendant 14 hivers successifs. Je ne pouvais m'expliquer
la cause d'une telle bénédiction, jusqu'au jour où l'un des membres se
leva au cours de la réunion de prière et fit cette confession : « Mes
frères, j'ai longtemps gardé l'habitude de prier tous les samedis soir
jusqu'à minuit passé, afin que le Saint-Esprit descende sur nous tous.
Et maintenant, ajouta-t-il avec des larmes dans la voix, je dois
confesser que depuis quelques semaines j'ai négligé de le faire ! » Le
secret était dévoilé, ce prédicateur possédait une église qui savait
prier ! »
« La prière efficace, dit encore Finney, la prière qui triomphe, c'est
celle qui obtient de Dieu la bénédiction demandée. C'est cette prière de
la foi qui fait mouvoir le bras de Dieu. La PRIERE EFFICACE, c'est celle
qui atteint le but qu'elle poursuit, qui obtient de Dieu l'exaucement. »
Dans une certaine ville, il n'y avait pas eu de réveil depuis bien des
années ; l'église était à demi-morte. Tous les jeunes étaient
inconvertis, ce n'était que ruine et désolation. Dans un quartier retiré
de cette ville habitait un certain forgeron, homme âgé et bègue, pouvant
si difficilement s'exprimer qu'il était pénible de l'entendre parler. Un
certain vendredi, il fut tourmenté quant à l'état spirituel de son
église et de ses nombreux inconvertis. Son agonie devint telle qu'il dut
fermer sa boutique et se livrer sans réserve à la prière toute l'après
midi. Cet homme persévéra et, le lendemain, il alla trouver son pasteur
pour le prier de convoquer une réunion extraordinaire. Après quelque
hésitation le pasteur y consentit, faisant observer cependant qu'il y
aurait probablement fort peu de monde. Quand vint le samedi soir il
arriva plus de gens que la pièce n'en pouvait contenir. Tous furent
recueillis et silencieux au début de la réunion, puis, un pécheur éclata
en pleurs, suppliant l'assistance de prier pour lui. Un autre suivit,
puis un autre encore. Et ainsi, des gens de tous les bouts de la ville
tombèrent sous la puissante conviction de l'Esprit. Le plus remarquable
de tout, c'est que chacun d'entre eux faisait remonter cette conviction
de péché au moment précis où le forgeron se trouvait en prière dans sa
boutique. Un réveil puissant s'ensuivit. Ainsi ce pauvre vieillard à la
langue pesante avait su persévérer dans la prière, et remporter la
victoire !
« J'ai plaidé avec Dieu aujourd'hui pendant des heures, dans la forêt,
écrivait un des convertis de Th. Collins, le suppliant de me donner des
âmes, et je sais qu'Il va le faire. Il m'en a donné le gage à l'avance,
et je m'attends à voir des conversions ce soir, entre autre la tienne,
cher ami. » Ce soir-là, en effet, la puissance de Dieu fut manifeste
comme jamais encore. Des cris de détresse retentissaient de tous côtés
de la chapelle et, avant même que le sermon fût terminé, l'auteur de ces
lignes se trouvait, avec beaucoup d'autres, jeté à genoux pour implorer
le pardon de Dieu.
Th. Collins lui même écrit : « Je me suis retiré dans ma cachette, parmi
les rochers, et là, je déversai mon âme en pleurant devant le Seigneur
pour le salut des perdus. J'ai passé, en secret, le vendredi dans le
jeûne, la méditation et la prière, pour rechercher le secours d'En Haut
en vue du culte dominical. Au milieu du sermon, un homme poussa un cri
d'angoisse, et mon âme en fut étreinte, de sorte que je ne pus continuer
à prêcher, mais je me livrai à la prière, tandis que cris et sanglots
continuaient à retentir de toutes parts. Nous restâmes ainsi dans
l'intercession, et le salut de Dieu nous fut accordé... »
Th. Collins se consacrait volontiers à la prière, les retraites cachées
de la forêt devinrent ses sanctuaires favoris. Le temps s'écoulait ainsi
sans qu'il s'en rendit compte. Combien d'heures il passa dans les lieux
déserts, parmi les rocailles, criant à son Dieu, inconscient de tout le
reste ? Dans la puissance de ces baptêmes de l'Esprit qu'il recevait, il
put proclamer avec hardiesse le message de la Croix et obtint la grâce
de se charger lui-même de cette Croix, tous les jours de sa vie.
Et, pour terminer ce chapitre, voici encore quelques citations :
« Ce fardeau m'écrasait jusqu'à l'agonie. En rentrant dans ma chambre
je trébuchais sous le poids dont mon âme était oppressée ; si intense
était ma lutte spirituelle que je ne pouvais formuler aucune parole
intelligible pour présenter à Dieu ma requête, je ne pouvais que gémir
et pleurer tandis que l'Esprit intercédait en moi par des soupirs
inexprimables. Je proposai d'observer une semaine de prière, chacun dans
notre chambre, pour obtenir un réveil de l'oeuvre de Dieu, et de prier
ainsi au lever du soleil, à midi et au coucher du soleil, pendant une
semaine, et ensuite de nous réunir pour voir ce qui restait à faire.
Nous ne fîmes rien d'autre que prier, mais l'esprit de prière se
répandit sans tarder sur les nouveaux convertis. Avant la fin de la
semaine, j’appris que plusieurs d'entre eux, tandis qu'ils priaient, ne
pouvaient plus se relever, ni même se mettre à genoux, ils étaient
prosternés, priant et gémissant. Résultat : l'Esprit de Dieu se
répandit, les lieux de réunion furent bientôt combles et l'intérêt pour
les choses de Dieu devint prédominant. » (Ch. Finney.)
« Je l'ai souvent vu descendre de sa chambre le matin, les yeux encore
gonflés de larmes, après avoir passé plusieurs heures dans la prière. Il
nous disait alors : Je suis un homme au coeur brisé ! Si je me sens si
malheureux, certes, ce n'est pas pour moi-même, mais pour les autres.
Dieu m'a donné une telle révélation de la valeur infinie des âmes que je
ne puis vivre davantage si les âmes ne sont amenées au salut. Oh !
Seigneur, donne-moi des âmes, ou bien c'est la mort pour moi ! » (Vie de
John Smith.)
« Dieu m'a amené à une telle agonie dans la prière, ce matin, que
j'étais tout en sueur, bien que dans un lieu ombragé, exposé au vent.
Mon âme s'est envolée bien loin de ce monde, aspirant au salut de
multitudes d'âmes perdues ! » (David Brainerd.)
« Cette après midi, Dieu m'a accordé la grâce de combattre avec ardeur
dans l'intercession pour mes amis. Puis, vers le soir, Il m'a visité
puissamment dans la prière, et jamais mon âme n'a connu une telle
agonie. Je ne sentais aucune contrainte, car les trésors de Sa grâce
m'étaient ouverts, et j'ai pu lutter pour le salut de multitudes d'âmes,
ainsi que pour les enfants de Dieu... Quand je me relevai, je me sentais
d'une faiblesse extrême et tout mon être était entièrement brisé. »
(David Brainerd.)
« La prière doit être à la base de notre service, tout autant que la
proclamation du message de salut, et nul ne peut prêcher de tout son
coeur s'il n'a pas la même ferveur dans la prière d'intercession. Si
nous ne savons pas obtenir de Dieu qu'Il donne la repentance et la foi,
nous n'obtiendrons pas davantage de résultats par notre prédication.
L'apôtre Paul nous en donne fréquemment l'exemple quand il déclare qu'il
prie nuit et jour pour ses convertis. » (Philippiens 1/3-4 ; Colossiens
1/9 ; 1 Thessaloniciens 3/10 ; etc...) (Richard Baxter)
« Dans l'église de Jonathan Edwards, plusieurs membres avaient passé
toute une nuit en prière avant le jour de son mémorable sermon intitulé
: Les pécheurs dans la main d'un Dieu courroucé. Le Saint-Esprit était
si puissamment répandu sur l'assemblée, tandis que Dieu se manifestait
dans sa sainteté et sa majesté, au cours de ce sermon, que les anciens,
eux-mêmes, se cramponnèrent aux piliers du temple en criant : Seigneur,
sauve nous ! Nous allons sombrer dans la perdition ! »
« Presque chaque soir, il y eut un mouvement de l’Esprit parmi
l'auditoire, et une vingtaine, environ, furent libérés de leurs chaînes.
Je crois qu'il y en aurait eu encore beaucoup d'autres, mais je n'ai pu
trouver un seul véritable intercesseur ! Il y a bien des hommes pieux
parmi nous, mais combien rares sont ceux qui savent vraiment lutter avec
Dieu ! Dans quelques réunions de villages il y eut des cris de détresse,
des appels à la miséricorde divine, et plusieurs furent laissés sous une
profonde conviction... » (William Bramwell.)
« Quand il ne voyait pas de fruit dans son ministère, il passait des
jours et des nuits à genoux, s'humiliant de sa propre impuissance et
plaidant avec Dieu, dans une intense agonie, pour le salut des âmes,
jusqu'à ce qu'il pût voir Christ glorifié par leur conversion. » (Vie de
John Smith.)
« Si vous passiez, chaque jour, plusieurs heures en prière, dit encore
John Nelson, vous ne manqueriez pas de voir de grandes choses. »
« C'était pour lui une règle de se lever vers minuit et de
s'entretenir avec Dieu jusqu'à 2 heures du matin ; puis il se rendormait
tranquillement jusqu'à 4 heures et commençait alors sa journée... » (Vie
de John Nelson.)
« Soyez ardents et persévérants dans la prière. L'étude, les livres,
l'éloquence, les beaux sermons, tout cela ce n'est rien sans la prière.
C'est la prière qui produit l'esprit, la vie, la puissance du ministère.
» (Mémoires de David Sioner.)
« Je considère comme nécessaire de commencer la journée par la prière,
dès 5 heures du matin et, selon les circonstances, de la prolonger le
soir jusqu'à 10 ou 11 heures. » (William Bramwell.)
Mais devrons-nous toujours nous en référer à ces hommes de Dieu du passé
? N'y a-t-il personne de nos jours qui veuille demander à Dieu de lui
confier un semblable fardeau de prière ? Ne pouvons-nous pas oui, même
en cette présente génération connaître le réveil en réponse à cette
prière instante, importune, persévérante et victorieuse, qui est la
PRIERE DE LA FOI ? Oh ! S’il en est ainsi, « Seigneur, je t'en supplie,
apprends-nous, non pas à formuler nos prières, mais apprends nous à
PRIER ! »
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LE REVETEMENT DE PUISSANCE
Le Saint Esprit est capable de rendre la Parole de Dieu aussi efficace
qu'aux jours des apôtres. Il a la puissance d'attirer les âmes par
centaines et par milliers, aussi bien que par deux ou trois ici et là.
La raison pour laquelle nous n'avons pas plus de succès, c'est que nous
ne possédons pas le Saint-Esprit agissant en puissance parmi nous, comme
autrefois.
« Si notre ministère était scellé de la puissance du Saint-Esprit, peu
importerait alors le degré de nos talents naturels. Que le messager soit
pauvre et sans éducation, ses paroles dénuées de toute éloquence, de
toute perfection grammaticale, si la puissance de l'Esprit est là, le
plus humble évangéliste aura plus de succès spirituel que le théologien
le plus érudit ou le plus éloquent des prédicateurs. »
« C'est la puissance surnaturelle, celle qui émane de DIEU, et non pas
le talent de l'homme qui remporte la victoire. C'est de cette onction
spirituelle extraordinaire que nous avons besoin et non pas de capacités
mentales extraordinaires. Les dons naturels peuvent attirer une belle
congrégation, mais seule la puissance spirituelle produit l'angoisse de
l'âme qui conduit au salut. Ce dont nous avons besoin par dessus tout,
c'est de la PUISSANCE SPIRITUELLE. » (Ch. Spurgeon.)
« Là où l’Esprit fait défaut, il peut y avoir la sagesse des paroles,
mais non pas la sagesse de Dieu ; la puissance oratoire, mais non pas la
puissance de Dieu ; les arguments et la logique scolastiques, mais non
pas la démonstration efficace du Saint-Esprit, celle qui, avec la
promptitude de l'éclair, suffit à convaincre d'un seul coup Saul de
Tarse sur le chemin de Damas. Quand le Saint-Esprit fut répandu d'En
Haut, tous les disciples furent remplis de Sa puissance, et la langue la
plus inculte devint capable de réduire au silence les disputeurs de ce
monde. C'était comme un feu nouveau qui balayait devant lui tous les
obstacles, tel l'incendie qu'un vent impétueux attise sans cesse et qui
consume toute une forêt. » (A.T. Pierson.)
« Les messagers de l'Evangile doivent nécessairement posséder cette
puissance de l'Esprit, sinon ils ne sauraient être à la hauteur de leur
ministère. Car aucun homme n'est suffisant pour répondre à cet appel
divin, nul n'est qualifié par ses dons naturels, pas plus que par les
capacités acquises à quelque école humaine. Il lui faut ce revêtement de
puissance que confère le Saint-Esprit, sans lui l'homme le plus
accompli, le plus doué, sera toujours incapable d'assumer cette charge.
»
Remarquez que les apôtres eux-mêmes durent se taire jusqu'à ce qu'ils
fussent revêtus de cette puissance surnaturelle ; ils avaient reçu
l'ordre de rester à Jérusalem et d'y attendre patiemment
l’accomplissement de la promesse divine : le don de l'Esprit Saint, et
de ne commencer à prêcher qu'après l'avoir reçu.
« Le serviteur auquel il manque cette puissance du Saint-Esprit n'en a
aucune autre pour son ministère. Aucune puissance charnelle, rien de ce
qui vient d'en bas ne lui suffit, il lui faut à tout prix cette
puissance d'En Haut ; n'ayant aucune force propre, il lui faut la force
spirituelle, que les hommes ne sauraient lui communiquer : la puissance
qui descend du Ciel, celle du Saint-Esprit survenant sur lui pour le
vivifier, autrement c'est la stérilité, l'incapacité totale dans son
service pour Dieu. » (Wm. Dell.)
Mais qui, de nos jours, possède cette onction bénie ? Qui connaît par
une expérience personnelle ce revêtement du Saint-Esprit ? C'est
pourtant là ce que Dieu a promis, ce qui est absolument indispensable.
Hélas ! Nous nous contentons de travailler sans cette onction,
ressemblant aux disciples qui avaient jeté le filet toute une longue
nuit sans rien prendre. Notre travail selon la chair peut bien être
comparé au leur pour les résultats. Cependant, une heure de travail avec
le Saint Esprit produit davantage que toute une année de labeur ardu
sans son secours. Et le fruit en sera permanent. « C'est l'Esprit qui
vivifie, la chair ne sert de rien. » (Jean 6/63) « Ce qui est né de la
chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. » (Jean 3/6)
C'est ce fruit du Saint-Esprit que nous voudrions voir, de l'or pur et
sans alliage. Nous ne voulons pas de ces conversions à fleur de peau qui
bien souvent font naufrage, mais de ces régénérations authentiques
capables de soutenir l'épreuve du temps et de l'éternité ; ce sont des
âmes qu’on rencontrera par la suite à toutes les réunions de prière et
pas seulement au culte du dimanche matin. Est-ce là le fruit de notre
ministère, mes frères ? Y a-t-il conviction de péché dans nos réunions ;
les âmes parviennent-elles à la glorieuse liberté des enfants de Dieu ?
Mais au fait, avons-nous vraiment reçu ce revêtement de puissance ? Je
ne veux pas dire : l'avons-nous « réclamé par la foi » et puis tablé sur
le fait de sa possession, sans preuve aucune, mais en avons-nous
véritablement fait l'expérience ? S'il n'y a aucun résultat, nous
pouvons en déduire que nous ne l'avons pas reçu. Si nous étions remplis
du Saint-Esprit, le fruit de l'Esprit serait évident. Les coeurs
seraient brisés à notre prédication, on entendrait les gens sangloter
sur leurs péchés et les confesser à Dieu. Montrez donc les fruits de
votre service si vous voulez qu'on croie à votre onction divine.
« Vous recevrez une puissance » a dit le Seigneur, et Pierre, au jour où
il l'a reçue, a attiré d'un coup 3.000 âmes à Christ. Il en fut de même
de John Smith, Samuel Morris, Charles Finney et bien d'autres encore.
Oui, ces hommes-là ont porté du fruit, preuve évidente de l'authenticité
de leur appel. Si je suis un homme de Dieu, revêtu de la puissance d'En
Haut, les âmes seront courbées à l'ouïe de mon message ; si j'ignore
cette puissance divine, il ne se passera rien qui sorte de l'ordinaire.
C'est là le « test » de toute prédication, le critère qui permet de
distinguer les ministères spirituels.
« J'ai été merveilleusement sauvé, le 10 octobre 1821 au matin, écrit
Ch. Finney, et le soir de ce même jour je fus baptisé de l'Esprit. Les
visitations divines qui se succédèrent me pénétrèrent profondément dans
tout mon être, esprit, âme et corps. Je me trouvai immédiatement revêtu
d'une telle puissance spirituelle que quelques paroles prononcées ici et
là produisirent des conversions instantanées. Parfois aussi je me
trouvais comme dépouillé de cette puissance et les visites que je
faisais alors n'avaient aucun effet sur mes ouailles. Je pouvais les
exhorter, prier avec eux, sans qu'ils en fussent impressionnés. Alors je
mettais à part une journée pour le jeûne et la prière secrète, craignant
que la puissance divine ne se soit retirée de moi, anxieux d'en
découvrir la cause. Mais après m’être humilié et avoir crié à Dieu
recherchant ardemment Son secours, la puissance m'était rendue avec une
nouvelle fraîcheur. Telle a été mon expérience tout au long de ma vie. »
« C'est une chose merveilleuse que cette puissance d'En Haut. Bien des
fois j'ai vu les gens incapables de supporter l'effet de la Parole. Les
affirmations les plus simples les transperçaient comme le tranchant de
l'épée, les faisaient tomber de leurs sièges pour se prosterner devant
Dieu, anéantis, comme des hommes morts. Je n'avais pas besoin alors
d'élever la voix, dans l'exhortation ou la prière, et les moindres
paroles prononcées tout doucement, suffisaient à vaincre toutes les
résistances. Cette puissance semble créer une atmosphère particulière
autour de celui qui en est possédé. Quand, dans une communauté, un grand
nombre de croyants sont ainsi pénétrés de la puissance d'En Haut, la
localité entière se trouve sous l'influence bénie de cette vie divine.
Des étrangers y arrivant seront conscients de cette Présence
merveilleuse, convaincus de leur état de péché, et bien souvent
convertis à Christ. Quand les chrétiens voudront enfin s'humilier et se
consacrer tout à nouveau au Seigneur, réclamant de Lui cette puissance,
ils recevront un tel baptême de l'Esprit que leur témoignage, en une
journée, attirera plus d’âmes à Christ qu'il ne l'aurait fait auparavant
pendant toute une vie. Pourvu que ces croyants persévèrent dans
l'humilité et soient assez dépendants du Seigneur pour retenir cette
puissance divine, l'oeuvre du salut se poursuivra au point que des
communautés entières, des régions même seront converties à Christ. Il va
sans dire qu'il en est de même pour ceux qui sont dans le ministère de
l'Evangile. »
Mais où donc trouver aujourd'hui cette angoisse des jours anciens ? Où
sont les nuits d'insomnie causées par une conscience troublée, les
pleurs et les gémissements des pécheurs se sachant perdus et sous la
condamnation divine ? A Dieu ne plaise que de pareilles expériences
restent de l'histoire ancienne, mais puissions-nous les voir se répéter
en cette génération !
En fin de compte, qui est à blâmer ? Est-ce la congrégation dont nous
déplorons l'indifférence et la dureté de cœur ? La faute est-elle aux
gens à qui nous prêchons ? Non, mes frères ! La faute est à NOUS, les
serviteurs de Dieu, c'est nous qui sommes à blâmer dans cette affaire.
Si nous étions ce que nous devrions être, les signes promis suivraient
encore notre proclamation du message comme aux jours d'autrefois. S'il
en est ainsi, chaque sermon infructueux, chaque discours qui manque le
but et n'atteint pas les coeurs et les consciences ne devrait-il pas
nous jeter à genoux, dans la plus profonde humiliation, nous amenant à
nous sonder devant Dieu pour en découvrir la cause en nous-mêmes, au
lieu de blâmer nos auditeurs ? Si nos églises sont froides et mortes,
c'est parce que nos propres coeurs sont froids et morts. Tel pasteur,
telle congrégation.
Oh ! Combien de serviteurs de Dieu ont été privés des fruits de leur
témoignage, ou n’ont jamais expérimenté la puissance divine dans leur
ministère ! Leur service est ineffectif et stérile, et ils
n'accomplissent à peu près rien qui vaille aux yeux du Seigneur. Oh !
Certes, ils ne manquent pas d'activité, ils vont de ci, de là, remuants
et pleins de zèle ; mais tout cela n'est que l'activité de la chair et
reste sans résultats au point de vue spirituel. Les âmes ne sont pas
sauvées, ni les croyants édifiés dans la foi. Leur prédication ne
produit aucun fruit et leur ministère n'est qu'une lamentable faillite !
Oh ! Quelle triste expérience que celle-là
Mais, Dieu soit béni, il n'est pas nécessaire d'en rester là ! La
promesse divine est encore pour nous aujourd'hui : « Vous recevrez une
puissance ! » et « Demeurez jusqu'à ce que vous soyez revêtu de la
puissance d'En Haut » n'est pas un commandement périmé. Le passage de
Actes 1/8, traduit littéralement, se lit ainsi : « Vous recevrez la
puissance du Saint-Esprit survenant sur vous. » Ainsi, l'onction, ou le
revêtement de puissance est le résultat de la descente du Saint-Esprit
sur un croyant afin de l'équiper pour le service.
De telles onctions ne sont reçues qu'après un profond travail
d'enfantement dans la prière. Les jours et les nuits d'agonie dans
l'intercession pour les âmes perdues, les heures de prière intense que
nous trouvons dans la vie d'un David Brainerd, les combats qui sont
comme un corps à corps avec les puissances sataniques, laissant le corps
brisé et tout en sueur, comme c'était si souvent l'expérience d'un John
Smith cela dépasse infiniment tout l'enseignement religieux moderne,
mais c'est le secret, l'unique secret de ces réalisations effectives
dont nous parlons.
Après ces heures de prière victorieuse, après avoir lutté avec Dieu dans
le secret du sanctuaire, nous pouvons alors aller de l'avant, l'épée de
l'Esprit à la main, et la Parole aura son effet transcendant sur les
âmes. Le secret est tout entier dans la PRIÈRE, frères et soeurs, nous
ne pouvons y substituer aucun « ersatz », car il n'en existe aucun !
Pour chaque ministère particulier il faut une onction particulière. Il
ne s'agit pas simplement de croire et de s'emparer de la bénédiction à
la légère. Ah ! Non, mes frères. Les résultats glorieux, et surnaturels
dont il est question ici ne s'obtiennent pas si aisément que cela. Il y
a un prix, un très grand prix à payer.
« Ils persévéraient d'un commun accord dans la prière et les
supplications. » (Actes 1/14) Une prière ardente, une prière dans
l'unité et dans la persévérance, voilà les conditions requises. Si elles
sont fidèlement remplies, nous serons très certainement « revêtus de la
puissance d'En Haut ». Ne nous imaginons pas que cette puissance nous
soit donnée dès l'instant où, étant conscients de notre propre besoin,
nous l'aurons demandée en une petite prière hâtive. Pas plus qu'une
assemblée n'a le droit de s'attendre à une grande manifestation de
l'Esprit si tous ne sont pas prêts à s'unir en une même ardente
supplication, « d'un commun accord », prêts à attendre, à persévérer
dans la prière de la foi, le but commun étant celui de chaque membre en
particulier.
Ce n'est que dans cette attente devant le Trône de Grâce que nous
pouvons être embrasés par le feu divin. Celui qui aura su persévérer
sera tout pénétré de ce feu sacré et reviendra de sa rencontre avec son
Dieu en portant les marques du contact divin. Pour le croyant le plus
obscur, comme pour le prédicateur, je le répète, le seul moyen d'obtenir
la puissance spirituelle réside dans cette attente, en présence de Dieu,
du baptême de l'Esprit.
« Si donc tu aspires à voir ton âme embrasée du feu de Dieu, en sorte
que tous ceux qui t'approchent prennent conscience d'une influence
mystérieuse émanant de ta personne, il faut t'approcher de la source de
ce feu, du trône même de Dieu et de l'Agneau, il faut t'enfermer hors du
monde de ce monde froid et glacial qui étouffe en nous la flamme divine.
Entre dans ton cabinet, ferme ta porte derrière toi, et là, tout seul
devant le Trône, fais silence et attends ce baptême béni. Alors le feu
d'En Haut te remplira, et quand tu en sortiras, la puissance divine
t'accompagnera et ton labeur ne sera plus dans ta propre force, mais en
démonstration d'esprit et de puissance. » (Wm. Arthur.)
Beaucoup de prédicateurs vivent dans l'illusion d'une fausse expérience
et se croient au bénéfice de l'onction alors qu'il n'en est rien. Tout
ce que je puis dire, c'est que la preuve de leur expérience fait
entièrement défaut. S'ils étaient vraiment oints de l'Esprit ils
obtiendraient les mêmes résultats que les ouvriers de tous les temps
baptisés par Dieu de Son Esprit. Si tous les soi-disant « baptêmes de
l'Esprit » expérimentés au cours de nos grandes conventions étaient
authentiques, le pays entier serait déjà embrasé par le feu du ciel. Que
dis-je ? Si même un homme ou une femme était réellement sous l'onction
de l'Esprit, des milliers d'âmes tout alentour pourraient être frappées
de conviction et un puissant réveil balayer toute la région. La preuve
de l'authenticité de l'onction, c'est le résultat qu'elle produit. La
preuve que l'esprit d'Elie avait été transmis à Elisée, c'est que lui
aussi accomplit le même miracle, se frayant un chemin à travers les
flots du Jourdain.
« Mais pourquoi donc est-ce là une chose si difficile à obtenir ? »
demanderez-vous peut-être. Pourquoi ? Parce que Dieu ne répand jamais
Son Esprit sur un homme charnel. Il doit d'abord accomplir Son oeuvre
profondément en nous, et cela prend en général du temps, parce que nous
sommes lents et réticents quand il s'agit de capituler, de laisser Dieu
agir à Sa guise en nous. La valeur de notre nom, de notre réputation,
l'amour du « moi », etc., constituent autant d'obstacles lui barrant le
passage. Nous ne nous laissons pas humilier. Dieu ne peut pas briser nos
coeurs parce que nous refusons de céder sur toute la ligne.
Ou peut-être est-ce parce qu'Il ne peut nous confier un si grand
honneur, sachant que nous en ferons un mauvais usage, qui tournera à
notre ruine. Oh ! Les exemples navrants d'hommes de Dieu, autrefois Ses
instruments bénis, promoteurs de puissants réveils, ayant par l'onction
de l'Esprit gagné à Christ des multitudes d'âmes, mais qui par la suite
ont perdu la bénédiction divine et continué à prêcher dans l'énergie de
la chair, n'accomplissant que peu de chose, ou même plus rien du tout !
Ils avaient traité à la légère le don divin, étaient tombés dans
l'orgueil et la confiance en eux-mêmes ; ou bien ils avaient toléré dans
leur vie quelque « petit péché », en apparence insignifiant, qui avait
cependant attristé le Saint-Esprit, de sorte qu'Il s'était retiré, les
laissant, comme autrefois Samson, tondus, dépouillés de leur puissance.
« Il ne savait pas que l'Eternel s'était retiré de lui ! » (Juges 16/20)
Autrefois les âmes étaient frappées par l'épée de l'Esprit et l'on
criait grâce dans les réunions. Maintenant il faut insister, supplier
pour leur faire prendre une décision ; les cultes sont froids et morts,
et si quelques uns répondent à l'appel, cela n'est pas, pour autant, le
fruit authentique du Saint-Esprit.
En terminant ce chapitre, je voudrais encore vous donner quelques
témoignages de ceux qui ont reçu ce revêtement de puissance pour vous
convaincre de la réalité d'une telle expérience. Si Dieu a pu la donner
à quelques uns, Il peut le faire pour tous aujourd'hui.
« Pendant 13 ans, écrit Evan Roberts, j'avais prié pour obtenir le don
de l'Esprit, et voici comment je fus conduit à prier. Un soir, un des
diacres nous dit : « N'oubliez pas d'être toujours fidèles. Pensez un
peu, si l'Esprit venait visiter l'église et que vous soyez absent ce
jour là ! Souvenez-vous de Thomas. Quelle perte immense fut la sienne en
ce premier dimanche de la résurrection ! » Sur ce, je résolus à tout
prix d'obtenir ce don du Saint-Esprit. Aussi, quel que fût le temps ou
les circonstances, j'assistais régulièrement à toutes les réunions. Bien
souvent, quand je voyais mes camarades sauter dans leurs barques sur la
jetée, j'étais tenté de filer avec eux ; mais non ! Je devais m'en tenir
rigoureusement à ma résolution, et je suivais mon chemin sans jamais
m'en détourner. C'est ainsi que je suivis toutes les réunions de prière,
sans jamais en manquer, pendant 10 ou 11 ans, priant inlassablement pour
le Réveil. C'était déjà l'Esprit qui me poussait à agir de la sorte.
A une certaine réunion du matin, l'évangéliste pria en ces termes : « Oh
! Seigneur, courbe-nous, je t'en supplie ! » Et l'Esprit sembla dire
alors à Roberts : « Voilà justement ce dont tu as besoin : être courbé !
» Et il décrit ainsi l'expérience qui suivit : « Je sentis comme une
force vivifiante pénétrer en moi, et comme elle augmentait de plus en
plus, il me semblait que mon coeur allait éclater. Tout mon être était
comme en ébullition, tandis que le verset familier résonnait sans cesse
au fond de mon cœur : « Dieu a fait éclater son amour envers nous... »
(Romains 5/8) Je tombai à genoux devant mon siège et, tout en sueur, je
laissai mes larmes couler abondamment. Il me semblait que mon sang lui
même s'échappait de mes veines. » Tandis que ses amis s'approchaient de
lui pour l'aider dans sa détresse, il s'écria : « 0 Seigneur,
courbe-moi, courbe-moi, je t'en prie ! » Alors ce fut la manifestation
grandiose de la gloire divine.
« Après que j'eus été courbé, poursuit-il, une vague de paix ineffable
descendit en moi, tandis que la congrégation chantait doucement : «
J'entends Ta voix bénie ». A l'ouïe de ce chant, j'étais transporté au
jour du jugement. Je pensais aux innombrables âmes qui devraient être
courbées en ce jour terrible, et je pleurais à cette pensée. Dès lors,
le salut des âmes devint ma principale préoccupation, le fardeau de mon
coeur. Un désir suprême me consumait, celui de parcourir tout le Pays de
Galles avec le message du salut, et j'aurais voulu même, si cela avait
été possible, payer Dieu pour le privilège d'un pareil ministère ! »
Telle fut l'expérience d'Evan Roberts, ce serviteur honoré de Dieu,
l'instrument du grand Réveil du Pays de Galles.
Ecoutons encore les témoignages de John Wesley et de Christmas Evans :
« Vers trois heures du matin, tandis que nous nous attardions ensemble
dans la prière, la puissance de Dieu descendit soudain sur nous, à tel
point que plusieurs se mirent à crier dans l'excès de leur joie, et
certains tombèrent sur le sol. Quand nous eûmes quelque peu recouvré nos
sens après cette stupéfiante visitation divine, conscients de la majesté
de cette Présence parmi nous, nous élevâmes la voix d'un commun accord,
dans l'adoration, en disait : « Nous te louons, ô Dieu ! Nous te
reconnaissons comme notre unique Seigneur. » (John Wesley.)
« J'étais las de mon propre coeur, si froid et indifférent à l'égard
de Christ et de Son sacrifice, à l'égard de l'oeuvre du Saint-Esprit,
las de ce coeur glacé, tant en chaire que dans le secret de mon cabinet,
à l'heure de l'étude de la Parole et de la prière. Quinze ans
auparavant, j'avais connu, comme les disciples d'Emmaüs, ce coeur
brûlant au-dedans de moi tandis qu'Il cheminait avec moi sur la route de
la vie.
En un jour inoubliable, tandis que je gravissais une colline, je me
sentis contraint de me mettre à prier, bien que mon coeur fût aussi sec
qu'à l'ordinaire et mes pensées aussi tournées vers les choses de ce
monde. Ayant commencé à invoquer Dieu au Nom de Jésus, je sentis bientôt
que des liens se dénouaient en moi, que mon ancienne sécheresse et ma
dureté de coeur se fondaient, comme si des montagnes de glace et de
neige étaient soudain dissoutes au souffle tiède du printemps.
Alors une confiance nouvelle naquit en mon âme quant à la promesse du
Saint-Esprit. Je sentis mon être entier comme affranchi d'un affreux
esclavage ; mes larmes se mirent à couler abondamment et je fus
contraint de crier à Dieu pour qu'Il m'accordât la grâce de Sa présence,
qu'Il restaurât mon âme, et renouvelât en moi la joie de Son salut.
J'intercédai alors pour toutes les églises et pour les pasteurs de la
région, les nommant tous.
Ce combat se poursuivit pendant trois heures consécutives ; c'était
comme une vague suivant l'autre, passant et repassant sur mon esprit,
jusqu'à ce que tout mon être fût anéanti par l'intensité de la lutte « à
grands cris et avec larmes ». Ainsi je me livrai, sans réserve à Christ,
corps et âme, dons et travaux, tout ce qui me restait de vie ici bas et
je fis du même coup l'abandon de tous mes soucis à mon Sauveur.
A partir de ce jour mémorable, je m'attendis à voir la bonté du Seigneur
opérer dans les églises comme en moi même. Au cours de la première
réunion qui suivit cette expérience, je me sentis comme transporté hors
des régions stériles de la sécheresse spirituelle dans les champs
verdoyants des promesses divines. Je connus de nouveau, comme aux
anciens jours, le combat dans la prière et l'anxiété à l'égard de la
conversion des pécheurs. Je « tenais » à nouveau les promesses de Dieu !
A mon retour dans ma paroisse je pus constater que l'Esprit était aussi
à l'oeuvre parmi mes frères d'Anglesea, particulièrement chez deux des
diacres qui reçurent un puissant esprit de prière et de supplication,
s'attendant à Dieu pour Sa visitation bénie et pour qu'Il rendit
effective la Parole de Sa grâce pour le salut des pécheurs. » (Christmas
Evans)
C'est ainsi que, « fortifié avec force dans l'homme intérieur », animé
d'un nouvel esprit, cet homme de Dieu put travailler dès lors avec une
énergie renouvelée. Son service fut accompagné des riches bénédictions
d'En Haut. Dans l'espace de deux ans, les annexes d'Anglesea passèrent
de 6 à 20, et 600 convertis furent ajoutés à l'église dont il était le
conducteur.
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LA CONVICTION DE PECHÉ
Le trait caractéristique de tous les grands réveils du passé, c'est la
CONVICTION DE PECHE. Et c'est précisément cette profonde et authentique
conviction qui manque si lamentablement aujourd'hui !
Combien décevantes sont la plupart des méthodes employées de nous jours
dans l'évangélisation ! Comme elles sont superficielles et manquent de
réalité, de substance spirituelle, en comparaison de l'oeuvre pure et
véritable du Saint-Esprit ! Cette façon de presser les gens, de les
supplier, de chercher à les persuader de faire le pas décisif en se
levant ou en s'avançant vers l'estrade, etc., ces démonstrations
spectaculaires des campagnes d'évangélisation modernes peuvent être
entièrement charnelles.
Non pas, certes, que plaider avec les pécheurs pour les amener à la
repentance soit contraire à la Parole. A Dieu ne plaise ! Mais, si la
conviction de l'Esprit est absente, tout cela sera absolument vain et
stérile. L'évangélisation moderne, avec son ton souvent irrévérencieux,
ses propos émaillés de plaisanteries frivoles, voire même parfois
d'argot, sans parler de son « professionnalisme », choses qui attristent
l'Esprit Saint, ne saurait produire une réelle conviction de péché,
condition essentielle des résultats d'ordre spirituel.
Là où cette conviction existe, inutile d'insister, de supplier par
l'énergie de la chair ; les pécheurs viennent d'eux-mêmes ; ils se
trouvent sous la contrainte de l'Esprit et recherchent spontanément le
Sauveur. Ceux qui seront rentrés chez eux, accablés par le sentiment de
leur misère au point d'en perdre le sommeil et l'appétit, ceux-là
n'auront, certes, pas besoin qu'on les invite à chercher en Christ le
soulagement de leur fardeau.
Dans nos campagnes d'évangélisation modernes, c'est l'évangéliste qui
fait appel à la congrégation, implorant les âmes d'accepter Christ, et
il a raison, bien sûr. Mais c'est encore toute autre chose quand les
pécheurs crient à Dieu leur détresse et Le supplient de les recevoir
dans Sa grâce ! Mais de nos jours, on reçoit le salut d'une façon
désinvolte, le coeur froid, comme une simple affaire à régler, certains
s'imaginent même honorer Dieu en consentant à accepter Son offre
gratuite de salut ! Les yeux restent secs, aucun signe d'une réelle
contrition, d'une repentance profonde n'est donné, le sentiment de la
culpabilité est absent. On pense que c'est une chose virile, un exploit
digne de l'homme moderne que de se convertir. Oh ! Si seulement il y
avait une réelle conviction, des coeurs brisés et contrits, s'approchant
du Dieu saint en tremblant, avec le cri du péager : « sois apaisé envers
moi, qui suis pécheur ! » Si l'on pouvait entendre à nouveau la question
de vie ou de mort du geôlier de Philippes « Que faut-il que je fasse
pour être sauvé ? » Combien les conversions seraient différentes !
Hélas ! Il n'en est pas ainsi dans notre évangélisation du XXème siècle.
Les âmes sont invitées à saisir le salut avant même de se savoir
perdues, pressées d'exercer la foi sans être convaincues de leur besoin
d'un Sauveur. Le fruit est cueilli avant sa maturité et, de ce fait,
voué à la destruction. Si nous voulons voir le fruit du Saint-Esprit,
mes frères, il faut que DIEU prépare Lui-même le terrain ; il faut que
l'Esprit ait pu convaincre de péché avant que les néophytes
expérimentent la foi qui sauve. Il est bon d'inviter les gens à croire
au Sauveur une fois que Dieu a fait Son oeuvre dans leur coeur ; mais il
faut tout d'abord qu'ils soient rendus pleinement conscients de leur
besoin.
Sachons donc attendre que l’Esprit de Dieu ait fait Sa part avant de
dire à une âme : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé ». Veillons
sur les signes d'une authentique conviction de péché, comme ce fut le
cas pour le geôlier de Philippes. Quand l'angoisse des gens sera si
intense qu'ils en viendront à s'écrier : « Que faut-il que je fasse pour
être sauvé ? », alors et pas avant nous saurons qu'ils sont prêts à
recevoir notre exhortation de croire en Christ.
« Il existe, de nos jours, un « autre évangile », beaucoup trop
populaire, hélas, et qui exclut du plan divin la conviction de péché et
la repentance, exigeant uniquement du pécheur qu'il reconnaisse sa
culpabilité, ainsi que l'oeuvre parfaite et toute suffisante de Christ
dans la rédemption. Cette position une fois prise, on dit au pécheur
d'aller en paix et de se réjouir dans l'assurance que tout est désormais
en règle entre lui et Dieu, et l'on crie : « Paix ! Paix ! » là où il
n'y a point de paix !
Ces fausses conversions, ou conversions à fleur de peau, constituent
l'une des raisons pour lesquelles tant de chrétiens professants
déshonorent Dieu par une vie inconsistante et jettent l’opprobre sur
l'Eglise, ou parfois même retombent dans leurs anciennes habitudes de
mondanité et de péché.
C'est le conseil de Dieu tout entier qui doit être proclamé aux hommes :
« par la loi est la connaissance du péché ». Et, pour que le coupable
ressente la douleur et la honte de son péché, il faut qu'il en prenne
pleinement conscience. Alors seulement on pourra lui parler de
consolation. Des conversions réelles et profondes, voilà le suprême
besoin de l'heure actuelle ; ces conversions bouleversantes d'autrefois,
celles que l’Eglise pourrait voir encore aujourd'hui, à condition de
secouer sa coupable léthargie, de s'emparer de la puissance d'En Haut,
cette puissance qui, aujourd’hui encore, fera trembler les pécheurs
devant la majesté de l'Eternel. » (J.H. Lord.)
Aurions-nous l'idée d'appeler le docteur avant d'être malade ? Le bon
nageur, tout à fait sûr de lui, crie t-il au secours pour qu'on lui
lance une bouée de sauvetage ? Non, certes. Mais, quand la maladie ou le
péril sont là, alors nous avons conscience qu'un remède, qu'une
délivrance s'imposent. Oh ! L’agonie de l'homme qui se noie, qui se sent
sombrer irrémédiablement sous les flots, à moins qu'une main secourable
ne lui soit tendue !
Il en est ainsi de l'âme qui périt dans son péché. Quand un homme est
convaincu de son état de perdition, il s'écrie, dans l'angoisse de son
âme : « Que dois-je faire pour être sauvé ? » Il n'a pas besoin qu'on
l'invite, qu'on le presse d'accepter la délivrance, car c'est pour lui
une affaire de vie ou de mort et il est prêt à faire n'importe quoi pour
échapper au jugement divin.
Je ne parle pas ici d'une simple campagne d'évangélisation, ce qui est
bien souvent l'oeuvre de l'homme et rien de plus. Mais un Réveil
authentique. Oh ! Quelle chose glorieuse et bénie ! Là où tout, tout est
entièrement de DIEU ! Pas de place désormais pour l'honneur humain.
Alors que dans bien des campagnes d'évangélisation, il y a beaucoup
d'excitation, une joie purement extérieure, de longues statistiques sur
les conversions et puis, bien souvent, des résultats minimes, faux.
Cette façon « d'accepter Christ » sans conviction, par une simple
adhésion mentale à la vérité, sans que le néophyte ait passé par la «
nouvelle naissance », sans la régénération de l'Esprit quelle lamentable
caricature de la conversion !
C'est cette absence de conviction de péché qui aboutit à de faux réveils
et bien souvent au naufrage de l'oeuvre entreprise. Car c'est une chose
de lever la main dans une réunion ou de signer une carte de décision,
mais c'en est une tout autre que d'être sauvé.
Il faut que les âmes soient amenées à une réelle et permanente
émancipation, si l'oeuvre est destinée à soutenir l'épreuve du temps.
C'est une chose de voir des centaines de convertis, tout joyeux sous
l'influence stimulante d'une campagne, mais c'en est une autre de
revenir cinq ans après et de les trouver encore fidèles à leur poste !
John Bunyan (Auteur du « Voyage du Pèlerin ») a bien compris cette
vérité lorsqu'il décrit le chrétien, ployant sous l'écrasant fardeau de
son péché, l'âme en proie à une angoisse profonde, jusqu'au moment béni
où il le dépose enfin au pied de la Croix.
Dieu a donné à Sa Parole divine sa pleine valeur, et Il la décrit comme
étant un « feu », un « marteau » et enfin une « épée ». Or, le feu brûle
tout ce qui l'approche, un coup de marteau est douloureux, la blessure
d'une épée cause une souffrance aiguë. Quand la Parole est annoncée dans
la puissance de l'onction, elle produit exactement les mêmes effets :
elle brûle comme le feu, frappe comme le marteau, transperce comme une
épée à deux tranchants, et les douleurs d'ordre mental et spirituel
qu'elle produit sont aussi intenses, aussi réelles que celles du corps.
S'il ne se produit rien de semblable, c'est qu'il y a un défaut dans le
messager ou dans son message.
Supposons un instant qu'un meurtrier, coupable d'un affreux crime, soit
arrêté, et sa culpabilité prouvée par le juge dans les termes précis des
Ecritures : « TU ES CET HOMME ! » Nous verrions le coupable pâlir
soudain, trembler et avoir tous les signes d'une profonde détresse.
Quand Belschatsar, l'orgueilleux monarque chaldéen, vit la forme d'une
main d'homme écrivant sur la muraille de son palais, « il changea de
couleur et ses pensées le troublèrent ; et les liens de ses reins se
délièrent et ses genoux se heurtèrent l'un contre l'autre ». (Daniel
5/6) De telles manifestations sont naturelles après tout. Pourquoi
trouver étrange que des pécheurs réveillés par l'Esprit de Dieu et
convaincus de l'énormité de leurs transgressions, se sachant en danger
de tomber d'un moment à l'autre dans la perdition éternelle, présentent
des signes identiques, trahissant leur agitation intérieure et l'extrême
détresse de leur âme ? » (Mémoires de W. Bramwell).
Telle a été l'expérience des serviteurs de Dieu au cours des siècles,
et, lors de chaque véritable réveil, on a pu constater une profonde
conviction de péché. Ces faits peuvent paraître étranges, certes, à ceux
qui ne connaissent rien d'autre que l'évangélisation à la mode du XXème
siècle. Des incidents tels que les suivants étaient fréquents autrefois
:
« Vers le milieu de la prédication, un homme se mit à crier à haute
voix. Je priai alors, sans pouvoir continuer à prêcher, car ce n'était
que cris et larmes dans toute la chapelle. » (Th. Collins.)
« Le sermon fut englouti dans la victoire, tandis que les pécheurs
réveillés quittaient leurs bancs et s'avançaient, sans qu'on les y eût
invités, pour tomber à genoux autour de la table de communion. » (Th.
Collins.)
« Un Quaker qui se trouvait là paraissait très irrité de ces
manifestations qu'il prenait pour du bluff ; il fronçait les sourcils et
se mordait les lèvres, quant tout à coup il s'effondra comme frappé par
la foudre. Son agonie était douloureuse à voir. Nous suppliâmes Dieu de
ne pas lui imputer sa folie. Bientôt il se releva en s'écriant : «
Maintenant je sais que tu es un prophète de l'Eternel ! » (John Wesley.)
« J. H. était un homme à la vie réglée, d'une parfaite moralité,
assistant régulièrement au culte et participant à la Sainte Cène, très
zélé pour l'Eglise et opposé à tout mouvement de dissidence. Ayant
appris qu'il se passait des choses anormales dans nos réunions, il
voulut s'en rendre compte par lui-même. Ensuite, il se rendit chez tous
ses amis, jusqu'à une heure avancée de la nuit, pour les convaincre
qu'il s'agissait là d'une contrefaçon satanique.
Peu après nous apprîmes que J. H. était devenu fou furieux. En effet,
après la lecture d'un sermon sur le salut par la foi, il avait changé de
couleur, était tombé de sa chaise et s'était mis à crier, se frappant la
tête contre le plancher.
Les voisins alarmés s'étaient attroupés dans la maison, et je les
trouvai tous là, quand j'arrivai vers 2 heures de l'après midi. Sa femme
aurait voulu les éloigner ; mais il s'écriait : « Non, laisse-les tous
voir le juste jugement de Dieu ! » Deux ou trois hommes essayaient de le
tenir de leur mieux. En m'apercevant il me fixa du regard et tendant ses
mains vers moi s'écria : « Ah, voilà celui que j'ai accusé de tromper le
peuple mais Dieu m'a vaincu ! J'ai dit que c'était de la comédie ; mais
je sais que ça n'en est pas une ! Puis il hurla de toutes ses forces : «
Satan, maudit, légion de démons ! Tu ne resteras pas là ! Christ te
chassera ! Tu peux me mettre en pièces si tu veux, mais tu ne pourras
pas me nuire ! » Et il continuait à se frapper la tête contre le sol
tandis que de grosses gouttes de sueur coulaient de son front.
Nous nous mîmes à prier, les angoisses du malheureux ne tardèrent pas à
s'apaiser et il fut bientôt entièrement délivré. » (John Wesley.)
« La puissance de Dieu était là. Les gens venaient pour être sauvés et
ils ne furent pas déçus. Les cris et les sanglots étaient merveilleux à
entendre. Il semblait que Dieu fût descendu parmi nous avec les terreurs
du jugement. L'Esprit pénétrait dans toutes les régions profondes de
l'âme humaine, mettant en lumière les recoins les plus secrets et
s'attaquant à toutes les forteresses de péché dressées dans les coeurs ;
Il se révélait comme le grand Ennemi du mal sous toutes ses formes. Il
accumulait sur chacun des auditeurs ses condamnations, alors l'âme
bouleversée jetait un appel suprême pour obtenir miséricorde et
s'écriait : « 0 Dieu, sois apaisé envers moi qui suis pécheur ! » Ou
encore : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? Sauve-moi,
Seigneur, ou je péris ! Guéris mon âme, car j'ai péché contre Toi ! »
(James Caughey.)
« La puissance de Dieu semblait descendre sur l'assemblée, telle un
vent impétueux balayant tout sur son passage. Je restai stupéfait devant
elle qui agissait sur presque tout l'auditoire. Elle ressemblait à un
torrent irrésistible couvrant de ses flots tout ce qu'il rencontrait.
Presque tous les assistants, depuis les vieillards endurcis dans le
péché et l'ivrognerie jusqu'à des enfants de 6 à 7 ans, semblaient dans
la détresse au sujet de leur âme. Les coeurs les plus rebelles étaient
obligés de capituler. Entre autres, il se trouvait là un chef indien,
homme distingué et très sûr de lui, du fait qu'il en savait plus long
que ses frères et qu'il se disait chrétien déjà depuis dix ans. Il fut
profondément convaincu de péché. Il se mit à pleurer amèrement. Un homme
âgé, ancien meurtrier et ivrogne invétéré, versait des larmes
abondantes, conscient soudain du péril qui le menaçait... De toutes
parts les gens criaient grâce, tant dans la salle qu'au dehors, et
chacun était tellement préoccupé de son propre état spirituel qu'il ne
faisait pas attention à ses voisins, mais priait pour son propre salut.
» (David Brainerd.)
« La chapelle était comble, la Parole de Dieu était « puissante et
efficace » de sorte que beaucoup furent touchés et criaient à Dieu dans
leur agonie. Le sermon terminé, une réunion de prière suivit, et, à
minuit, les pénitents étaient encore à genoux, bien décidés à plaider
jusqu'à la victoire. Tandis que l'un après l'autre se retiraient en
silence, après avoir trouvé la paix, d'autres venaient prendre leurs
places. Si intense était le réveil que, même après le départ du
prédicateur, les âmes troublées ne pouvaient se décider à quitter la
chapelle, de sorte que la réunion de prière se prolongea toute la nuit
et tout le jour suivant sans interruption. Plus de cent personnes furent
converties et un chrétien rétrograde fut ramené à Dieu et renouvelé dans
sa vie de consécration. » (Mémoires de Squire Brooke.)
« Tandis que je priais, la puissance de Dieu descendit, et ces deux
hommes furent brisés, pleurant et sanglotant sur leurs péchés... » (W.
Carvosso.)
« Pendant que je m'entretenais avec une femme d'une soixantaine
d'années, elle fut comme frappée en plein coeur et, en très peu de
temps, le Seigneur put affranchir son âme du péché. » (W. Carvosso.)
« Quand la conviction de péché atteint son paroxysme, la personne
frappée ne peut rester debout ni assise, mais tombe à genoux ou même se
couche par terre. Ainsi, un grand nombre de pécheurs, dans toute la
région où s'étend le Réveil, sont comme frappés par un coup de fusil et
tombent à terre avec un cri de détresse et des gémissements. La plupart
s'écriaient : « Seigneur Jésus, aie pitié de mon âme ! » Leur corps est
agité par un grand tremblement et l'angoisse qui les étreint ne trouve
de soulagement que lorsqu'ils parviennent à mettre leur confiance dans
le Sauveur. Leur attitude se trouve alors tout à coup transformée,
l'expression d'angoisse et de désespoir fait place à celle de la
reconnaissance, du triomphe et de l'adoration. » (Le Réveil Irlandais de
1859.)
« Le Réveil implique invariablement la conviction de péché de la part
de l'église. Les rétrogrades ne sauraient se réveiller et se remettre
d'emblée au service du Seigneur, sans être profondément sondés par
l'Esprit. Les sources cachées de l'iniquité doivent être dévoilées. Dans
tout réveil authentique, les chrétiens sont appelés à passer par la
conviction de péché ; ils voient alors leurs manquements avec une telle
clarté qu'ils peuvent à peine espérer que Dieu puisse encore leur faire
grâce. Il n'en est pas toujours ainsi au même degré, mais c’est un fait
que dans tout véritable réveil, la conviction de péché, allant parfois
jusqu’au désespoir, est un élément primordial. » (Ch. Finney.)
Sauve, Seigneur, oh ! Sauve, je te prie !
Convaincs-les tous et sauve du péché ;
Que le coeur le plus dur soit enfin brisé,
Contrit et vaincu par l'Esprit de Vie.
Oui, répands Ton Esprit en abondance !
Oh ! Qu’Il descende et sauve les pécheurs !
Petits et grands qu'ils viennent au Sauveur ;
Les voir sauvés, voilà mon espérance !
Que dans leur détresse et leur agonie,
Ils tombent à Tes pieds, Seigneur jésus,
Et que par Ton Sang pour eux répandu,
Ils parviennent à l'éternelle Vie.
Sauve, Seigneur, sauve, je t'en supplie,
Beaucoup de pécheurs avant Ton retour.
Esprit de Dieu, plaide encore en ce jour,
Ce n'est jamais en vain que l'on te prie.
Ne t'enfuis pas, ô divine Colombe !
Ne laisse pas tous ces pécheurs mourir !
La nuit descend et va nous envahir,
Réponds avant que le jugement tombe !
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OBSTACLES AU RÉVEIL
Il n y a qu'un seul obstacle qui puisse boucher les canaux et étouffer
la puissance de Dieu, c'est le PECHE. Le péché, c'est la suprême
barrière, capable d'entraver l'action de l'Esprit et d'arrêter la marche
du Réveil. « Si je considère l'iniquité dans mon cœur, dit le Psalmiste,
l'Eternel ne m'écoutera pas. » (Psaume 66/18) Et, dans Esaïe 59/1-2,
nous avons encore cette déclaration solennelle : « Non, la main de
l'Eternel n'est pas trop courte pour sauver, ni son oreille trop dure
pour entendre. Mais ce sont VOS CRIMES qui mettent une séparation entre
vous et votre Dieu ; ce sont VOS PECHES qui vous cachent sa face et
l'empêchent de vous écouter. » C'est donc bien le péché qui constitue le
suprême obstacle, et il faut qu'il soit ôté du chemin. Il n'y a pas
d'autre solution et aucun compromis n'est possible dans ce domaine. Dieu
ne saurait déployer Sa puissance tant qu'il existe parmi Son peuple
quelque iniquité non dévoilée.
Dans Osée 10/12, nous lisons ces paroles : « Semez selon la justice,
moissonnez selon la miséricorde, défrichez-vous un champ nouveau ! Il
est temps de chercher l'Eternel, jusqu’à ce qu'il vienne, et répande
pour vous la justice ! » Et dans 2 Chroniques 7/14, la promesse de
bénédiction est assurée, fondée toutefois sur des conditions
inaltérables : « Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s'humilie,
prie, et cherche ma face, et s'il se détourne de ses mauvaises voies,
ALORS, dit l’Eternel, je l'exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son
péché, et je guérirai son pays. » Il est donc clair que seul un coeur
brisé par la repentance, une confession totale, et la réparation des
torts peut satisfaire Dieu. Oui, je le répète, frères et soeurs, LE
PECHE DOIT ETRE TOTALEMENT ABANDONNE.
Il ne s'agit pas seulement d'une certaine tristesse résultant des
conséquences du péché ou de son châtiment, mais d'une tristesse due à la
peine que fait à Dieu notre péché. Le mauvais riche n'a pas une parole
de regret pour les péchés qu'il a commis; mais David, bien que coupable
de meurtre et d'adultère, voit son péché comme une atteinte à la gloire
de Dieu. (Luc 16/29-30 et Psaume 51/4) Le remords n'est pas la tristesse
selon Dieu, qui mène à la repentance. Judas malgré ses terribles remords
ne s'est jamais repenti de son crime.
Dieu seul peut donner un coeur contrit et brisé, produire en nous cette
sainte tristesse qui entraîne la confession et l'abandon du péché. Cela
seul peut Le satisfaire. Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c'est
un esprit brisé : « 0 Dieu ! Tu ne dédaignes pas un coeur brisé et
contrit. » (Psaume 51/19) « Celui qui cache ses transgressions ne
prospère point, mais celui qui les avoue et les délaisse obtient
miséricorde. » (Proverbes 28/13) « Reconnais seulement ton iniquité,
reconnais que tu as été infidèle à l'Eternel, ton Dieu. » (Jérémie 3/13)
Considérons ici trois sortes de confessions :
1. La confession secrète. Là où le péché a été commis contre Dieu seul,
il n'est besoin de le confesser à personne d'autre qu'à Lui. (1 Jean 1/9
; Psaume 32/5)
2. La confession personnelle. S'il y a eu une faute commise contre le
prochain, elle doit être confessée non seulement à Dieu, mais encore à
la personne lésée ; et on ne peut obtenir la paix que quand le pardon a
été demandé et obtenu. (Matthieu 5/23-24) 3. La confession publique. Si
le péché a été commis contre l'église, l'assemblée ou l'organisation à
laquelle on appartient, la confession doit être publique, comme le fut
la transgression.
Aussi longtemps que l'iniquité parmi le peuple de Dieu n'est pas
confessée, l’Esprit de Dieu ne peut produire de réveil. Les hommes
doivent se mettre en règle les uns avec les autres, s'ils veulent être
en règle avec Dieu.
Un soir, après avoir entendu un message particulièrement solennel, un
jeune homme s'avança vers l'estrade et fit à la congrégation une
saisissante confession, avouant qu'il avait dilapidé les fonds de deux
importantes organisations dont il était le trésorier. Alors seulement,
il put se rendre dans la sacristie avec d'autres pénitents pour se
mettre en règle avec Dieu.
Il est fréquent de voir des personnes tomber à genoux et invoquer le
Seigneur, apparemment dans une grande angoisse, sans pourtant recevoir
d'exaucement. De même, certains groupes de chrétiens peuvent se réunir
dans la prière et y passer même des nuits entières sans voir le Réveil
tant désiré. A qui la faute ? La Parole de Dieu nous fournit la réponse
: « Mais ce sont VOS CRIMES qui mettent une séparation entre vous et
votre Dieu ; ce sont VOS PECHES qui vous cachent sa face et l'empêchent
de vous écouter. » (Esaïe 59/2) C'est pourquoi, frères et soeurs,
commençons par démasquer notre propre péché, par redresser nos sentiers
tortueux, retirons en les pierres qui les encombrent, et nous pourrons
alors demander avec foi les pluies de bénédiction promises et nous
attendre à les recevoir.
Prenons la peine d'examiner nos péchés un par un. Ayons le courage de
nous poser les questions suivantes. Et, si nous sommes coupables sur
l'un ou l'autre de ces points, Dieu nous le révélera.
1. Avons nous vraiment PARDONNE à tout le monde ? Ou bien reste-t-il
encore dans les replis secrets de notre coeur quelque malice, quelque
dépit, quelque secrète inimitié contre quelqu'un ? Avons-nous la triste
habitude de cultiver nos griefs et méconnaissons-nous le devoir de
réconciliation ?
2. Nous mettons-nous facilement EN COLERE ? Y a-t-il dans nos coeurs de
l'irritation incontrôlée ? L'emportement nous tient-il parfois sous sa
puissance ?
3. Avons-nous des sentiments de JALOUSIE ? Sommes-nous envieux ou
mécontents si quelqu’un nous est préféré ? Sommes-nous jaloux de ceux
qui s'expriment mieux que nous dans le ministère de la parole ou dans la
prière ?
4. Sommes-nous IMPATIENTS et IRRITES ? Est-ce que les petits ennuis de
la vie nous vexent et troublent notre paix ? Ou bien avons-nous l'âme en
repos, dans un tel calme, une telle douceur que rien ne peut la troubler
?
5. Sommes-nous facilement OFFENSES si l'on ne fait pas attention à nous
? Si on manque d'égard envers nous, cela nous fâche t-il ? Quelle est
notre réaction quand d'autres sont élevés sur un piédestal, alors que
nous sommes mis de côté et méprisés ?
6. Y a t il encore de L’ORGUEIL dans nos cœurs ? Sommes-nous gonflés de
vantardise ? Avons-nous une haute idée de nos qualités, de notre
position sociale, etc. ?
7. Avons-nous jamais été MALHONNETES ? Nos affaires commerciales
supportent-elles le grand jour, sont-elles parfaitement honnêtes ?
Avons-nous des poids et des mesures absolument justes ?
8. Et que dire du BAVARDAGE parmi les saints ! Avons-nous porté atteinte
à la réputation de nos frères par nos médisances, par des histoires
répétées à la légère ?
9. Nous livrons-nous à la CRITIQUE ? Sommes-nous durs, sévères,
implacables à l'égard du prochain, cherchant toujours à le trouver en
faute ?
10. VOLONS-nous DIEU ? Ne lui avons-nous pas souvent dérobé le temps qui
lui appartient et gardé l'argent qui devait être consacré à Son œuvre ?
11. Sommes-nous encore MONDAINS ? Sommes-nous attachés à la pompe et aux
vanités de la vie présente ?
12. N'avons-nous jamais VOLE, nous emparant de choses qui ne nous
appartiennent pas ?
13. Conservons-nous au fond du coeur de L’AMERTUME à l'égard de notre
prochain ? Y a-t-il encore de la haine en nous ?
14. Notre vie est-elle entachée de LEGERETE et de FRIVOLITE ? Notre
conduite est-elle inconvenante, de sorte que le monde, nous jugeant par
nos actes, peut nous prendre pour l'un des siens ?
15. Avons-nous fait tort à quelqu'un et négligé la RESTITUTION
nécessaire ? Ou bien avons nous marché sur les traces de Zachée ? (Luc
19/8) Avons-nous mis en règle toutes les petites infidélités que Dieu a
mises en lumière dans notre vie ?
16. Sommes-nous INQUIETS et accablés par les SOUCIS ? Avons-nous manqué
de confiance en Dieu pour nos besoins matériels et spirituels ?
Sommes-nous sans cesse tourmentés par la crainte du lendemain ?
17. Avons-nous des PENSEES IMPURES ? Notre imagination garde t-elle,
cachée, des images souillées et coupables ?
18. Sommes-nous absolument VRAIS dans toutes nos paroles, ou bien
tombons-nous parfois dans l'exagération, donnant ainsi aux autres de
fausses impressions ? Nous arrive t-il même parfois de MENTIR ?
19. Sommes-nous coupables du péché d’INCREDULITE ? Après tout ce que
Dieu a fait pour nous, refuserions-nous encore de CROIRE en ses
promesses contenues dans Sa Parole ?
20. Avons-nous commis le suprême péché de NEGLIGER LA PRIERE ?
Sommes-nous de vrais INTERCESSEURS ? Combien de temps passons-nous
chaque jour à genoux, dans la prière ? Notre vie est-elle si encombrée
qu'il ne nous reste plus de temps pour PRIER ?
21. Négligeons-nous la méditation de la PAROLE DE DIEU ? Combien de
chapitres en lisons-nous chaque jour ? Sommes-nous des lecteurs zélés
des Saintes Ecritures et en tirons nous toutes nos ressources jour par
jour ?
22. Avons-nous manqué au devoir de CONFESSER CHRIST ouvertement ?
Avons-nous honte du NOM de Jésus ? Notre bouche reste-t-elle fermée
quand nous nous trouvons en compagnie de gens du monde ? Lui
rendons-nous témoignage en toute occasion ?
23. Portons-nous vraiment le FARDEAU du salut des âmes ? Y a-t-il dans
notre coeur de L’AMOUR pour les perdus ? Eprouvons-nous la compassion de
Christ à l'égard de ceux qui périssent ?
Ce sont là les éléments, à la fois négatifs et positifs, qui constituent
une entrave à l'action divine parmi le peuple de Dieu. Soyons donc assez
honnêtes pour les nommer par leur nom véritable : LE PECHE, car c'est
ainsi que Dieu les considère. Dès que nous aurons admis notre
culpabilité sur ces divers points, confessé et abandonné notre péché,
nous pourrons nous attendre à ce que Dieu exauce nos prières et
manifeste parmi nous Sa puissance. Pourquoi nous faire des illusions sur
nous-mêmes ? Nous savons bien que nous ne pouvons pas tromper Dieu.
Soyons donc décidés à ôter du chemin les obstacles qui peuvent entraver
notre marche. « Si nous nous jugions nous-mêmes nous ne serions pas
jugés. » Et n'oublions pas que « le jugement doit commencer par la
maison de Dieu » (1 Corinthiens. 11/31 ; 1 Pierre. 4/17)
Telle a été l'histoire des réveils au cours des siècles. Soir après
soir, le message a été donné sans aucun résultat, jusqu'au moment où
quelque diacre ou ancien éclatait soudain en une confession angoissée et
allait demander pardon à un frère auquel il avait fait du tort. Ou bien
c'était une dame influente de la paroisse qui, tout en larmes, avouait
qu'elle avait péché par sa langue, en médisant, et se trouvait en froid
avec une autre soeur. Alors, une fois la confession faite, accompagnée
s'il convient de restitution, une fois le dur terrain brisé par la
charrue de l'Esprit, le péché reconnu et jugé, alors seulement l'Esprit
de Dieu put descendre sur l'assemblée et le Réveil s'étendit à toute la
communauté.
Le plus souvent, il n'y a qu'un seul interdit, un seul obstacle à la
bénédiction, comme ce fut le cas autrefois pour Acan. (Josué 6) Dieu met
le doigt sur le point névralgique, et ne le retire pas avant que le mal
ait été jugé et abandonné.
Ainsi donc, frères et soeurs, sachons présenter à notre Dieu la
supplication de David : « Sonde-moi, Ô Dieu, et regarde si je suis sur
une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l'éternité ! » (Psaume
139/23-24) L'obstacle du péché ne sera pas plus tôt enlevé que Dieu se
manifestera dans la puissance merveilleuse du Réveil.
Beaucoup de temples en ville,
Des prédicateurs érudits,
Des choeurs, des orgues, des cantiques,
Cela ne suffit-il donc pas ?
Des ouvriers remplis de zèle
Qui travaillent jour après jour ;
Mais où donc se trouve, mon frère,
Du Seigneur la Toute Puissance ?
Haute morale, éducation,
Tout ce qu'il y a de meilleur,
Des plans, de l'organisation,
Pas de repos dans leur labeur.
Tous les talents les plus brillants,
Les efforts les plus généreux,
Mais ce qui te manque, mon frère,
C'est l'Esprit Saint, l'Esprit de Dieu!
Que de temps, d'argent dépensés
A prêcher la sagesse humaine ;
Le fruit d'un tel enseignement,
C'est la disette pour l'Eglise.
Dieu hait la sagesse du monde,
Il ne veut pas de nos sourires ;
Mais ce qu'Il veut, frères et soeurs,
C'est l'abandon de tout péché !
C'est seulement le Saint-Esprit
Qui peut vivifier notre âme,
Car Dieu fait fi de tous nos cultes,
Il n'est pas notre serviteur.
Non, ce n'est pas l'art de ce monde,
Avec ses innovations,
Qui pourra donner au pécheur,
Le coeur brisé, la repentance.
Nous pouvons avoir le succès,
L'art, la musique, la sagesse,
Tous les moyens d'action modernes,
Mais sans la vraie bénédiction.
Dieu veut un vase vide et pur,
Des lèvres vraies, sous l’Onction,
L'homme rempli du Saint-Esprit,
Pour annoncer Son plein Salut.
Grand Dieu, oh! Viens, réveille-nous !
Garde-nous fidèles chaque jour,
Et que tous puissent reconnaître
Dans notre vie le témoignage.
Non, Son bras n'est pas raccourci,
Notre Dieu veut encor bénir,
Si nous nous détournons du mal
Et confessons notre péché.
(Traduit littéralement de Samuel STEVENSON.)
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LA FOI
La foi, c'est la clé qui ouvre la porte de la puissance de Dieu. « C'est
par la foi que les murailles de Jéricho tombèrent... » (Hébreux 11/30)
Une des conditions primordiales du Réveil, c'est une foi vivante et
positive. « Toutes choses sont possibles à celui qui croit » (Marc 9/23)
L'homme choisi par Dieu pour être l'instrument du Réveil reçoit de Lui
un mot d'ordre précis ; non pas les promesses générales de la Parole,
applicables à tous les enfants de Dieu, mais une promesse spéciale, un
message clair et défini, le concernant lui, personnellement. Peut-être
est-ce quelque promesse familière qui prend soudain un relief, une
réalité sans précédent : il en est saisi comme tout à nouveau, se
rendant compte que Dieu lui a vraiment parlé par Sa Parole. Il importe
donc, avant d'entreprendre une oeuvre, quelle qu'elle soit, de se poser
la question : « Dieu m'a t-Il parlé ? M'a t-il donné une promesse
particulière en vue de ce travail ? »
C'était cette assurance divine qui permettait aux prophètes d'antan de
déclarer formellement au peuple de Dieu : « Ainsi parle l'Eternel ! »
Jusqu'à ce que Dieu nous ait ainsi envoyés et établis par Sa propre
autorité, nous ferions mieux de rester à genoux, dans la prière, de peur
de nous entendre dire un jour : « Malheur aux prophètes qui courent,
alors que je ne les ai pas envoyés ! » (Ezéchiel 13/3 ; Jérémie 23/21)
Mais quand un homme a entendu l'appel de Dieu, alors, « même si la
promesse tarde, attends-la, car elle viendra et ne tardera point. » (Habakuk
2/3) Alors même que des années devraient s'écouler avant
l'accomplissement de la vision, Dieu ne manquera pas, en Son temps,
d'accomplir Sa Parole.
Oh ! La joie d'entendre et de reconnaître cette Voix divine ! Quel
puissant encouragement pour la foi ! Comme le coeur bondit d'allégresse
alors, et comme toutes les questions, tous les doutes s'évanouissent
d'un seul coup ! Pendant des jours, peut-être des semaines, il y a eu la
recherche ardente dans la prière, l'attente d'une révélation de Sa
volonté. Puis le message est venu, soit par la Parole écrite, soit
directement par le Saint-Esprit et il ne saurait dès lors y subsister
aucun doute, aucune hésitation : nous savons que « la chose
s'accomplira. »
Il y a bien longtemps, une vision m'a été donnée concernant une oeuvre
importante dans la ville de Toronto et j'en ai fait un sujet de prière,
afin de discerner la pensée du Seigneur. Un jour enfin, Il m'a parlé. La
promesse a été réitérée, comme pour me rassurer. Puis ce fut la longue
attente, l'attente de la foi et dans la prière, dans la certitude que
Dieu ne manquerait pas d'accomplir Sa Parole. Trois années s'écoulèrent
ainsi. Ce furent des années de creuset ardent. Sans la promesse de mon
Seigneur je crois que j'aurais sombré, toutes mes espérances auraient
été emportées par un vent de tempête ; mais voici, DIEU AVAIT PARLE ; et
mon affaire à moi, c'était de persévérer dans la prière, lui redisant
sans cesse : « Seigneur, fais comme Tu as dit ! » Finalement, au bout de
ces trois années d'épreuve, Il prit la chose en main et établit
solidement l'oeuvre dont il m'avait parlé.
Cela me rappelle un incident qui remonte au début du réveil méthodiste,
au sujet d'un certain bourg du nom de Filey, où bien des serviteurs de
Dieu s'étaient succédés sans jamais voir aucun fruit. C'était une
forteresse de Satan d'où chaque évangéliste avait été chassé à son tour,
de sorte qu'on en était venu à abandonner la partie, comme un cas
désespéré.
Toutefois, un certain John Oxtoby (devenu célèbre sous le surnom de «
Johnny le prieur ») demanda qu'on voulût bien l'envoyer là-bas afin de
donner à ce peuple sa dernière chance. Quelques jours plus tard, John se
mettait en route avec confiance et, à ceux qui lui demandaient où il
allait, il répondit : « Je vais à Filey, où le Seigneur Jésus va faire
revivre Son oeuvre. »
Comme il approchait de l'endroit, arrivant au sommet d'une colline, il
aperçut la petite ville à ses pieds, dans la vallée, et à cette vue il
tomba à genoux près d'un buisson, et se mit à plaider avec son Dieu, à
grands cris et avec larmes, pour le succès de sa mission. De l'autre
côté du bosquet, un meunier qui passait par là fut surpris d'entendre
une voix et se mit à écouter. « Seigneur, s’écria Oxtoby, Tu ne vas pas
laisser Ton serviteur être confondu dans cette affaire. Je leur ai dit,
à Bridlington, que Tu allais faire revivre Ton oeuvre, et Il faut que Tu
m'exauces, sinon je n'oserai plus jamais les regarder en face, et
qu'est-ce qu'on pensera de la prière de la foi ? »
Il continua ainsi pendant plusieurs heures. Le combat fut rude et
douloureux, mais il refusa de céder devant les forces adverses. Il
plaida avec Dieu sa propre faiblesse et son incapacité. Enfin les nuages
se dissipèrent, la gloire divine envahit tout son être et il se leva en
s'écriant : « C'est fait, Seigneur, c'est fait ! Filey est pris ! Filey
est pris ! »
Sortant de son sanctuaire, John pénétra dans la citadelle de Satan et
commença à chanter dans les rues : « Tournez vous vers l'Eternel et
cherchez le salut... » Une foule de rudes pêcheurs se rassembla pour
écouter. Une puissance inusitée se manifestait dans son message, de
sorte que les plus rebelles et les plus endurcis se mirent à pleurer,
les hommes forts furent pris de tremblement. Tandis qu'il priait, plus
d'une douzaine d'entre eux tombèrent à genoux en criant grâce, et furent
réconciliés avec Dieu. Frères et soeurs, connaissons-nous cette prière
de la foi ? Nous est-il jamais arrivé de prier ainsi ?
« Je connaissais un Père de famille, écrit Finney, qui avait des idées
erronées sur la prière de la foi ; sa famille entière avait grandi sans
qu’un seul de ses enfants fût converti. Enfin, l'un de ses fils tomba
gravement malade et, comme tout espoir de guérison semblait perdu, ce
père se mit à prier, jusqu'à ce que son angoisse fût à son comble. Il
répandit son âme devant Dieu, refusant toute idée de défaite, et il
obtint finalement l'assurance que non seulement son fils survivrait à
cette maladie, mais encore qu'il serait sauvé ainsi que tous ses frères
et soeurs. Il rentra dans la maison et déclara à la famille réunie que
le malade ne mourrait pas. Tous furent stupéfaits; cependant il ajouta
avec confiance : « Je vous affirme qu'il ne mourra pas et, de plus,
qu'aucun de mes enfants ne mourra dans ses péchés. » Et les enfants de
cet homme furent tous convertis.
« Un pasteur me raconta un jour qu'un réveil avait commencé dans son
église par le moyen d'une simple femme, remplie de zèle pour Dieu. Elle
fut angoissée en pensant aux pécheurs et se mit à prier. A mesure
qu'elle priait, sa détresse devenait plus intense; finalement, elle alla
trouver son pasteur et le pria instamment de convoquer une réunion
spéciale pour les âmes en quête du salut, car elle en sentait vivement
le besoin. Le pasteur la renvoya, car il ne ressentait, lui, rien de
semblable. La semaine suivante elle revint à la charge, le suppliant de
convoquer cette réunion, car elle avait la certitude que bien des
personnes y viendraient et que Dieu allait y répandre Son Esprit. Mais
le ministre de l'Evangile essaya encore une fois de la dissuader. Alors
elle s'écria : « Si vous refusez de faire cette réunion, j'en mourrai,
car j'ai l'assurance que nous allons avoir un réveil ! » Le dimanche
suivant, il se résigna donc à convoquer la réunion spéciale, invitant
les gens qui le désireraient à s'entretenir avec lui au sujet de leur
salut. Quant à lui, il ne connaissait personne de cette catégorie ; mais
grande fut sa stupéfaction, lorsqu'il entra dans la salle à l'heure
convenue, d'y trouver réunis un grand nombre de pécheurs anxieux d'être
sauvés. » (Finney.)
« Le premier rayon de lumière perçant les ténèbres qui enveloppaient
les églises du comté d'Oneida, en automne 1825, a pour origine la prière
d'une humble femme, de santé débile, n'ayant jamais elle-même assisté à
aucun réveil. Elle eut l'âme troublée au sujet des pécheurs et sa prière
pour son pays alla jusqu'à l'agonie. Elle ne savait pas elle-même ce qui
lui arrivait, mais elle se sentait contrainte de prier de plus en plus,
jusqu'à ce que son corps menaçât de succomber. Puis, enfin, une joie
profonde l'envahit et elle s'écria : « Dieu est venu ! Dieu est venu !
Sans nul doute, l'oeuvre a commencé ! Elle va s'étendre sur tout le
pays. » Et c'était vrai ; l'oeuvre divine avait commencé : toute la
famille de cette femme fut sauvée, et le réveil s'étendit sur toute la
contrée avoisinante. » (Finney.)
« On raconte encore l'histoire d'un certain infirme qui priait
régulièrement pour le réveil de trente villes et communautés de son
pays. Il inscrivait chaque jour dans son journal : « J'ai reçu la grâce
aujourd'hui de prier la prière de la foi pour X…, etc. » Après sa mort,
le Réveil éclata dans chacun de ces endroits, et cela à peu près dans
l'ordre inscrit dans le journal du fidèle intercesseur. Dieu avait
parlé, et bien que cet homme ne vécût pas assez longtemps pour voir les
résultats de ses prières, il lui fut donné l'assurance bénie qu'il était
exaucé. »
Tel est donc le secret : la FOI, cette foi dont il est question dans
Hébreux 11, la foi que Dieu veut, Son propre don fondé sur Sa Parole,
transmis directement au coeur de Son serviteur. Une foi de cette nature
transporte les montagnes et accomplit l'impossible. Ce n'est pas une
confiance faite de présomption, qui professe de croire sans aucune
preuve donnée par l'Esprit, une foi qui ne coûte rien et qui, si elle ne
voit pas d'exaucement immédiat, ne tarde pas à s'évanouir ; non, c'est
la FOI VENANT DE DIEU, celle qui est engendrée en nous par la prière
d'agonie, le travail d'enfantement de l'âme. Cette foi là survit à tous
les orages, à tous les assauts de l'adversité et du découragement, elle
triomphe de l'épreuve du temps et continue à briller comme un flambeau
jusqu'au jour du grand accomplissement. Oh ! Qu’une telle foi puisse
être la nôtre encore aujourd'hui
« La Foi, la Foi puissante aperçoit la promesse
et s'attend au Seigneur.
L'impossibilité la remplit d'allégresse,
sachant qu'Il est vainqueur.
« La chose me dépasse, oh ! Je le sais, dit-elle ;
mais fidèle est mon Dieu.
Par incrédulité, oh ! Que je ne chancelle
mon Témoin est aux Cieux
« Accorde-moi, Seigneur, cette foi triomphante,
ne priant pas en vain,
qui lutte jusqu'au bout, et dans mon âme enfante
l'exaucement divin. »
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LA SOIF ARDENTE DE RÉVEIL
Le meilleur moyen de raconter l'histoire de ce que Dieu a opéré parmi
nous actuellement, sera de citer des extraits de mon journal, l'espace
ne permettant pas un récit plus complet. Mais je veux croire que ces
quelques faits suffiront à inspirer à mes lecteurs l'esprit de Réveil et
serviront ainsi à glorifier le Seigneur.
16 AOUT
Il faut qu'il vienne, ce réveil pour lequel j'ai prié depuis si
longtemps ! Comme Dieu a brisé et fondu mon coeur ce matin, et comme la
prière m'a été douce ! Béni soit Son Nom ! Oh ! Qu’il nous soit donné la
conviction de péché et les précieux fruits de l’Esprit ! Cela seul
supportera l'épreuve du temps et de l'éternité. Dieu m'a bouleversé
d'une manière inusitée ce matin. Oh ! Comme il est précieux de Le
connaître ! Oh ! Cette conviction de péché connue autrefois !
Dieu soit béni pour ces livres merveilleux qui m'ont tellement aidé ! Ma
prédication en a été révolutionnée. Je n'avais jamais rien lu d'aussi
poignant jusqu'à ce jour (« Un cri d'alarme pour les pécheurs
impénitents » de J. Alleine, et d'autres ouvrages semblables). Comme
leur message est clair et sans équivoque en ce qui concerne le péché, le
salut, le ciel et l'enfer ! Je réalise toutefois que ces vérités divines
peuvent être proclamées sans résultats, à moins que la puissance du
Saint Esprit ne soit là pour les rendre vivantes. C'est LUI qui convainc
de péché. « Ni par force, ni par puissance, mais PAR MON ESPRIT, dit
l'Eternel des Armées. » (Zacharie 4/6) Et c’est précisément là le secret
de toute faillite humaine. La vérité peut bien être annoncée fidèlement,
avec beaucoup de zèle, mais rien ne se produit. Pourquoi cela ? Parce
que la puissance est absente !
Je lisais ce matin quelques chapitres des « Mémoires de John Smith », et
cela m'a conduit à la prière. Dieu m'a donné une merveilleuse liberté
pendant une heure ou davantage ; j'avais absolument perdu la notion du
temps. Il m'a conduit tout d'abord à confesser ma propre faillite. Oh !
Combien j'ai manqué dans ce domaine de la prière ! J'y ai passé des
minutes là où il aurait fallu des heures ! Combien j'ai péché aussi en
méditant la Parole, négligeant de me pencher, comme j'aurais dû le
faire, sur ces pages sacrées ! J’en ai fait autant pour l'emploi du
temps que Dieu me confiait, je me suis encombré de choses secondaires,
que le diable empilait dans chacune de mes journées. Que dire de mon
service ? J'ai négligé de distribuer des traités aux inconvertis, de
proclamer l'Evangile au coin des rues à ceux qui ne mettent jamais les
pieds à l'église. Oh ! Oui, j'ai péché, j'ai manqué le but dans tous ces
domaines ! Pourtant je désire ardemment être fidèle et vrai en toutes
choses. Je prie Dieu ardemment pour les âmes, mais mes yeux restent secs
; je ne sais pas encore pleurer sur les perdus comme Jésus l'a fait !
Mais, gloire à Dieu, je crois cependant qu'Il m'achemine vers une
nouvelle expérience plus profonde, où je pourrai compter toutes choses
comme une perte à cause de Christ. Je pourrai alors souffrir, me
sacrifier, prier, méditer et servir comme jamais auparavant. Il n'y aura
désormais plus qu'une chose qui comptera dans ma vie, et le Réveil tant
désiré viendra enfin. Il répandra Son Esprit, les âmes seront
convaincues et sauvées. Dieu veuille écouter ma prière et l'exaucer dans
Sa grâce ! Je ne dois pas lâcher pied à l'avenir ; que Dieu me soit en
aide pour aller de l'avant, toujours de l'avant avec Lui !
25 AOUT
Dans ma lecture de ce matin, ce verset attira tout spécialement
mon attention : « Hérode craignait Jean, sachant que c'était un homme
juste et saint. » (Matthieu 6/20) Oh ! La puissance irrésistible d'une
vie sanctifiée ! Les méchants sont pris de tremblement en présence de la
véritable sainteté. Que Dieu fasse de ce passage un sujet d'émulation
pour moi. Je relis rapidement tout mon Nouveau Testament, dans le but
d'en tirer les vérités susceptibles de produire la conviction, une fois
prêchées dans la puissance de l'Esprit. Dieu me donne des messages
solennels sur le péché, le salut, le ciel et l'enfer. Je viens de passer
une heure bénie dans la prière et dans la douce communion de mon
Seigneur. Dieu veuille me conduire plus loin ; j'ai besoin de connaître
davantage et surtout de faire de plus profondes expériences. Je ne serai
jamais satisfait jusqu'à ce que Dieu ait commencé à agir parmi nous,
produisant cette conviction de péché qui conduit les âmes en larmes
jusqu'au Calvaire.
26 AOUT
Son message pour moi ce matin était : « Toutes choses sont
possibles pour celui qui croit », et encore : « Cette espèce-là ne peut
sortir que par la prière. » (Marc 9/23-29) La prière et la foi sont
indispensables pour obtenir des résultats. C'est ainsi que la puissance
de Satan sera brisée dans le coeur des hommes et que le fruit de
l'Esprit pourra s’y développer. « Je crois, Seigneur, viens en aide à
mon incrédulité ! »
J'ai rassemblé trois frères dans mon bureau ce soir. J'en espérais
encore d'autres, mais ils ne sont pas venus. Je leur ai parlé pendant
près d'une heure et rencontré beaucoup de sympathie et de compréhension,
mais une quasi totale ignorance en ce qui concerne l'effusion du
Saint-Esprit et de Ses fruits. J'ai décidé de renouveler de telles
rencontres afin que nous puissions nous entretenir de ces choses
ensemble et prier ainsi avec plus de précision. Je suis rentré tout
joyeux, dans l'assurance que Dieu va se mettre à l'oeuvre et travailler
dans les coeurs en réponse à la prière de la foi.
31 AOUT
Nous nous sommes réunis à huit ce soir dans mon bureau et avons
conversé et prié ensemble jusqu'à 10 heures passées. J'avais beaucoup
prié pour que le Saint-Esprit leur ouvre les yeux, leur révèle les
besoins et les rende conscients de leurs responsabilités. Si Dieu les a
vraiment choisis, ils se tiendront à mes côtés, sinon, il me faudra
poursuivre le combat tout seul. Nous avons décidé de tenir des réunions
de prière dans les maisons une fois par semaine, pour commencer. En
terminant, je leur ai donné ce verset qui a inspiré nos prières : « Si
mon peuple qui est appelé de mon nom s'humilie et s'il prie et cherche
ma face et revient de ses mauvaises voies ; alors je l'exaucerai du
ciel, je pardonnerai ses péchés et je guérirai leur pays. » (2
Chroniques 7/14)
2 SEPTEMBRE
J'ai prêché ce soir avec liberté et quelque peu de puissance.
Les gens ont écouté avec une attention soutenue ; mais j'ai cherché en
vain quelque signe d'une réelle détresse d'âme. Les yeux restèrent secs
; aucune manifestation de conviction de péché. Bien sûr que je ne suis
pas encore revêtu de la puissance d'En Haut, car il y aurait alors les
fruits du Saint-Esprit.
7 SEPTEMBRE
« Nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre ! » (Luc
5/1-11) Mais quand ils jetèrent le filet sur l'ordre divin, « ils
prirent une grande quantité de poissons. » Est-ce là ma propre
expérience, ou bien est-ce que je travaille toujours dans la chair au
lieu de l'Esprit ? En vérité, j'ai « travaillé toute la nuit sans rien
prendre ». Si les hommes ne tremblent pas à l’ouïe du message, si les
coeurs ne sont pas brisés, c'est bien ma faute. Je n'ai que moi-même à
blâmer. Quand je serai réellement en agonie, en travail d'enfantement
pour les âmes, il y aura des résultats, pas avant. Alors, à genoux, face
contre terre, jusqu'à ce que la Puissance d'En Haut descende et que Dieu
puisse se manifester ! J'ai prié presque toute l'après-midi, mais sans
grande liberté. Il semble que les cieux étaient d'airain.
9 SEPTEMBRE
« Mais nous nous consacrerons continuellement à la prière et au
ministère de la Parole. » (Actes 6/4) Une fois encore, il faut croire
que j'ai prêché dans la chair et non dans l'Esprit. Les gens étaient
extrêmement sérieux et semblaient même convaincus. A la sortie, il y eut
pas mal de discussions au sujet de la réunion, mais nul n'était vraiment
brisé. Il manquait cette détresse intérieure, cette angoisse d'âme qui
précède le salut. Oh ! Quand la puissance de Dieu sera-t-elle enfin
manifestée ? (Luc 24/49 ; Actes 1/8 ; Zacharie 4/6 ; Jean 6/63) Il m'a
pourtant choisi afin que je porte du fruit et que mon fruit demeure,
soutenant l'épreuve du temps et de l'éternité. (Jean 15/16) Et ce fruit,
j'en porte encore si peu, si peu ! Il faudra encore des heures d'attente
devant Dieu, dans la prière. Le prix doit être payé, sans aucun doute.
Et quand l'Esprit viendra sur moi et me remplira je le saurai par les
résultats ; les fruits de l'Esprit seront visibles, et jusque là je suis
bien décidé à ne prendre aucun repos.
10 SEPTEMBRE
A Dieu soit la gloire ! Il y a eu un mouvement de l'Esprit,
enfin ! Cela s'est produit au cours de la réunion de ce soir. Tout
d'abord le culte se déroula dans la froideur et les gens semblaient
insensibles. J'ai parlé sur la prière victorieuse, puis j'ai terminé la
réunion. Mais une femme s'écria soudain : « Oh ! Priez pour moi, membres
d'église... » et le reste de sa phrase fut noyé dans un flot de larmes,
tandis que de violents sanglots la secouaient tout entière, comme si son
coeur allait se briser. Nous tombâmes tous à genoux et chacun pria à son
tour. Puis nous avons chanté : « Tel que je suis sans rien à moi... » et
au bout d'un quart d'heure environ, cette âme fut libérée et
glorieusement sauvée. Béni soit le Nom du Seigneur
Oh ! Comme nos coeurs brûlaient au dedans de nous. La joie était si
grande que nous pouvions à peine parler. Tout le long du chemin, jusqu'à
la maison, j'avais de la peine à contenir mon émotion. La prière était
exaucée, le Saint-Esprit avait commencé Son oeuvre, pour une âme au
moins, et elle avait été brisée. Un membre d'église, s'il vous plait,
mais pas sauvée ! Je me demande combien il y en a encore dans le même
état ?
12 SEPTEMBRE
Sûrement, Dieu est à l'oeuvre parmi nous. Une autre jeune femme
se leva ce soir et déclara qu'elle avait été touchée la veille et
s'était convertie à son travail ; et qu'elle avait reçu ce matin la
pleine assurance de son salut. Béni soit Dieu ! Une fois de plus Il a
répondu à la prière. Elle nous dit qu'elle n'avait presque rien pu faire
que prier tout le long de la semaine. Ainsi, deux âmes ont désormais été
vaincues et attirées par la seule puissance de Dieu. C'est bien cela que
j'avais demandé, c'était là le fardeau de mon coeur, que par la
puissante conviction de l'Esprit les gens soient contraints de crier à
Dieu sans même qu'on les y invite. Dieu a mis Son sceau sur Sa Parole et
l'a honorée. Oh ! Seigneur, garde-moi toujours humble et révèle-moi pas
à pas Ta volonté.
18 SEPTEMBRE
Réunion glorieuse ce soir ; la maison était pleine et les
prières ferventes. Beaucoup ont soif de Dieu, et la réunion s’est
prolongée jusqu'à près de dix heures, mais sans aucun signe particulier.
Il me faut expérimenter la puissance de Dieu, peu importe le prix à
payer. Oh ! S’Il voulait me briser plus encore et m'apprendre à pleurer
pour le salut des perdus !
19 SEPTEMBRE
Encore un pas de fait ce soir. Une rétrograde a essayé de prier
à la réunion, puis elle a fondu en larmes en balbutiant sa confession.
Elle a continué à prier en paroles entrecoupées de sanglots. Dieu soit
béni ; mais j'attends plus encore et ne suis toujours pas satisfait.
Une autre personne, passant par un terrible combat, m'a demandé ce soir
si elle devait confesser un vol dont elle avait été convaincue. Ainsi
nous voyons que Dieu est à l'oeuvre.
21 SEPTEMBRE
Une lettre m'arrive ce matin d'une personne en grande détresse
spirituelle, et je suis allé la voir sans délai. Je l'ai trouvée en
larmes, l'âme angoissée à l'extrême. Après que nous eûmes prié ensemble,
Dieu l'a merveilleusement visitée et il était réjouissant de voir alors
dans ses yeux le reflet de la gloire. Sûrement, Dieu est à l'oeuvre dans
cette âme, béni soit Son Nom ! Je sens de plus en plus le besoin de la
prière.
24 SEPTEMBRE
Je suis allé voir aujourd'hui mon grand ami, le Dr Hooper le «
médecin bien aimé » et nous avons passé ensemble deux bonnes heures dans
la prière. J'étais très découragé au sujet de la réunion d'hier soir.
Tout semblait dur comme la pierre et je n'avais aucune liberté d'esprit
dans la prédication. Je sens que je ne fais que jouer avec la prière. Il
me faut passer encore bien plus de temps dans l'intercession.
25 SEPTEMBRE
Nous nous sommes réunis ce matin à trois pour la prière et avons
passé ainsi quatre heures devant le Seigneur avec beaucoup de
bénédictions... A la réunion du soir deux ou trois confessèrent leurs
péchés et un jeune homme, frappé de conviction, se mit à prier.
J'ai été très impressionné par le passage de Joël 2/18 et 28,29. Nous
trouvons là les besoins, les méthodes d'action et les résultats. Mais je
ne puis faire cela par moi-même. Mon coeur est froid et dur. Je ne sais
pas pleurer et mener deuil sur le péché. Dieu veuille me briser et
fondre mon coeur. Alors Il pourra agir puissamment parmi mon peuple.
J’ai découvert aussi dans Jérémie 5/14 une précieuse promesse et j'en ai
fait ma prière personnelle : « Je ferai que ma Parole dans ta bouche
soit du feu et ce peuple du bois, et que ce feu le consume. » Dieu
veuille qu'il en soit ainsi pour moi.
26 SEPTEMBRE
La réunion semblait tout d'abord froide et morte, et très peu de
gens ont prié. En terminant, j'étais déçu. Puis une femme se mit à
pleurer, suivie d'une autre ; enfin, une troisième fut courbée sous la
puissance de l'Esprit. Tous se rassemblèrent et on se remit à prier. Les
deux premières sanglotaient comme si leur coeur allait se briser, priant
et confessant leurs péchés tour à tour. Oh ! C’était glorieux de voir
ainsi notre Dieu à l'œuvre ! L'une d'elles, qui avait obstinément refusé
de prier en public le premier soir, pleurait si fort qu'elle pouvait à
peine parler. Finalement, toutes se retirèrent, pleinement satisfaites,
la lumière du ciel brillant sur leur visage. Je compris qu'une quatrième
personne était sous la conviction de péché, grâce à ce qui venait de se
passer. C'est une des membres les plus actives de la paroisse. Je lui ai
simplement serré la main, préférant la laisser au Seigneur pour ce soir,
sachant que l'Esprit poursuivrait Son oeuvre en elle. Comme c'est
merveilleux de voir Dieu se servir des conversions pour en convaincre
d'autres. Le Réveil aurait-il commencé ?
3 OCTOBRE
Une fois de plus j'ai lieu de rendre grâces à Dieu. Il nous a
donné encore un signe de Sa présence et de Sa puissance. Une autre
personne a été convaincue et sauvée et maintenant elle se réjouit en
Christ. Le combat a duré pendant six semaines, mais à présent elle est
vraiment libérée, et elle a rendu son témoignage à la réunion. Son
visage, autrefois morose, est devenu radieux de la joie d'En Haut. Dieu
soit béni ! Je crois que là, l'oeuvre est authentique.
Une autre encore a rendu témoignage, confessant qu'elle s'était égarée
loin du Seigneur et refroidie. Elle a demandé nos prières ; mais elle
n'a pas encore été pleinement libérée. Il faudra une plus profonde
conviction. Cette âme a dû passer par une fausse expérience, et de ce
fait toute l'oeuvre est à refaire en elle.
4 OCTOBRE
J'ai passé toute l'après midi en prière, courbé devant le
Seigneur. Puis je suis allé chez le Dr Hooper pour la soirée et nous
avons continué à prier ensemble jusqu'à près de minuit. Oh ! Cette
puissance de Dieu, il nous faut l'obtenir ! C'est merveilleux comme il
nous a ouvert Sa Parole pendant la prière. Nous l'avons lue ensemble et
prié ensemble à genoux, tout spécialement ce 2ème chapitre de Joël. Oh !
Ce baptême de larmes, voilà ce qu'il nous faut ! Nous avons aussi prié
ensemble, phrase par phrase, le chapitre 9 de Daniel. Nous sommes
environnés de montagnes d'incrédulité et d'opposition. Seule la
puissance de Dieu peut les renverser. « Ayez la foi de Dieu. » Mon désir
ardent est d'être entièrement absorbé en Lui, de n’avoir qu’une passion
: CHRIST ! Que Dieu me soit en aide !
5 OCTOBRE
Dieu soit béni, voici encore une conversion, celle d'un homme,
cette fois-ci. Il est venu me trouver dans mon bureau et m'a confié
qu'il avait été convaincu dans une précédente réunion et se sentait bien
misérable. Il avait souvent pris de bonnes résolutions, et essayé de
suivre la religion ; mais il se savait toujours loin du salut, tout
membre d'église qu'il fût. Hier il avait pris la décision de renoncer au
tabac et avait jeté sa pipe. Nous avons prié ensemble, puis nous sommes
partis pour la réunion. A la fin du culte, il se leva et confessa devant
tous ce qu'il m'avait déjà dit, et ses yeux étaient pleins de larmes.
Mais malgré cela, il n'est pas encore parvenu à la peine libération. De
retour à la maison je me mis à prier très spécialement pour cet homme,
plaidant avec Dieu pour qu'Il lui donne la lumière et lui révèle le
chemin de la foi.
J'ai l'assurance bénie, maintenant, que Dieu est vraiment à l'oeuvre.
Une profonde conviction est née dans bien des coeurs. Oh ! Qu’il puisse
y avoir un réel mouvement de l'Esprit, un réel brisement ! J'ai trouvé
très précieux, aujourd'hui, les passages de Marc 11/22-24 ; Joël 1/13-14
et 16 ; 2 ; 1/11-18, 25, 28, 29. Je les ai transformés en prières l'un
après l'autre, me tenant devant le Seigneur avec Sa Parole.
8 OCTOBRE
Très forte opposition de la part des membres influents de
l'église qui objectent publiquement à nos réunions. Les « chrétiens
mondains » ont pris les armes et Satan commence à montrer que lui aussi
s'intéresse à tout ce qui se passe. J'en ai fait un sérieux sujet de
prière. Nous avons persévéré dans l'intercession, avec le Dr Hooper,
jusqu’à près d'une heure du matin...
10 OCTOBRE
Nous avons encore passé la journée ensemble dans l'attente en
Dieu, et le résultat fut une réunion bénie ce soir. Beaucoup ont rendu
témoignage avec une magnifique assurance pendant plus d'une demi-heure,
et j'ai même dû les arrêter pour laisser du temps pour la prière. Dieu
travaille dans les coeurs, la conviction s'approfondit, les vies sont
transformées et les âmes parviennent à la glorieuse liberté et à la joie
d'un plein salut.
11 OCTOBRE
La Parole de Dieu me devient de plus en plus précieuse. Nous
entendons Sa propre voix à travers celle des prophètes de l'Ancien
Testament. Notre méthode est de lire quelques passages, puis de les
transformer en prière, demandant à notre Dieu de les réaliser dans notre
propre expérience.
« Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est
esprit. » (Jean 3/6) Si nous travaillons dans l'énergie de la chair,
notre ministère s'en ressentira et les âmes seront amenées à une fausse
expérience. « Seigneur, donne-nous le fruit authentique de l'Esprit ! »
Nous avons adopté la méthode divine de la prière, sachant bien que toute
autre méthode est infructueuse. Si donc nous ne réussissons pas par la
prière, nous serons confus et ce ministère de la prière en sera
discrédité. Non, nous ne pouvons pas, nous ne devons pas être vaincus !
Nous devons nous adonner continuellement à la prière et au ministère de
la Parole. Si nos vies ne produisent pas la conviction de péché, c'est
qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Oh ! La foi de cette femme
cananéenne qui ne voulait pas accepter un « Non ! » pour réponse, voilà
ce qu'il nous faut ! (Marc 7/24-30)
14 OCTOBRE
J’ai prêché ce matin et ce soir avec une grande liberté ; mais
sans résultats apparents. Je ne suis pas satisfait. Cependant Dieu
travaille quelque peu parmi nous ; un homme a rendu de l'argent dérobé à
son patron et une femme a fait de même pour des fonds de la caisse de
l'Ecole du Dimanche qu'elle avait quelque peu dilapidés. Mais je prie
ardemment pour que la conviction s'accroisse encore, pour que les âmes
soient touchées au vif. J'ai relu l'histoire de David Brainerd : des
mois de prière et d'agonie, et puis la glorieuse effusion de l'Esprit
Saint sur ce peuple indien. A moi aussi il me faut ce fruit béni de
l'Esprit, et nul autre.
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MANIFESTATIONS DE LA PUISSANCE DIVINE
17 OCTOBRE
Jour après jour, nous nous sommes rencontrés comme d'habitude
pour la prière, demandant à Dieu de nous briser plus complètement. Cette
après midi, après plusieurs heures passées dans l'intercession, je me
mis à louer le Seigneur et mes larmes coulèrent abondamment. Je ne
pouvais que sangloter devant Lui : « Ils sont perdus ! Ils sont perdus !
»
A la réunion du soir, une femme qui avait été sous la conviction du
péché, mais pas encore sauvée, a rendu témoignage avec un visage
radieux. Il était évident qu'elle avait trouvé la paix et goûté à la
joie abondante de son Seigneur.
21 OCTOBRE
Le fardeau a été bien lourd ces derniers jours, et l'opposition
s'est intensifiée ; mais j'ai été poussé à prier plus encore, et avec
larmes, pour les âmes qui périssent. Cependant mon coeur est encore
froid et je languis après une manifestation plus grande encore de Sa
présence.
10 NOVEMBRE
J'ai passé aujourd'hui quelques heures bénies en communion avec
le Dr Hooper. Oh ! Que mon coeur est assoiffé ! Les chapitres 8 et 9
d'Esdras nous ont été très précieux. Oui, Dieu m'a ouvert les yeux sur
bien des péchés dans Son Eglise. « Mais, Seigneur, donne-moi un aperçu
de mon propre coeur. Que d'abominations doivent encore s'y trouver
cachées à mon insu ! » Le Seigneur m'apprend à crier à Lui et à
soupirer, car les païens sont entrés dans Son héritage, les Cananéens
sont installés jusque dans le Sanctuaire.
Le travail semble arrêté ; aucune âme n'est touchée. « Seigneur,
tiens-moi à genoux jusqu'à ce que les résultats soient là. » A quoi bon
prêcher l'Evangile si les âmes ne sont pas sauvées ? « Esprit de Dieu,
révèle ce qui fait obstacle à Ton oeuvre. »
14 NOVEMBRE
Dieu a recommencé à agir, et après la réunion deux personnes se
sont mises à pleurer L'une d'elles est parvenue au salut ; l'autre est
partie toujours sous la conviction de péché.
16 NOVEMBRE
Une autre a rendu témoignage. Pendant des semaines, elle avait
été tellement sous la conviction de son péché qu'elle avait peur de
s'endormir la nuit ; mais à présent elle est heureuse, ayant l'assurance
de son salut.
19 NOVEMBRE
La foi grandit et le Seigneur me donne la possibilité de croire,
de sorte que rien ne me paraît plus impossible. Je ne pouvais plus que
Le louer et Le bénir ce soir pour tout ce qu'Il va encore opérer parmi
nous, et cette certitude qu'Il est à l'oeuvre est une chose
merveilleuse.
Le directeur de l'Ecole du Dimanche vient de me téléphoner qu'il avait
demandé à une certaine personne de prendre un groupe et qu'elle n'a pu
que fondre en larmes en disant qu'elle n'était pas elle-même en règle
avec Dieu. Il est allé prier avec elle, mais elle n'a pas encore trouvé
la paix. Il me demande de l’aider à prier pour cette âme qui depuis
plusieurs semaines, se sent convaincue de péché.
20 NOVEMBRE
Je trouve la Parole de Dieu toujours plus précieuse. Comme elle
révèle les abominations de mon propre cœur ! Le doute, l'incrédulité,
l'orgueil spirituel, la dureté et l'indifférence, le manque de prière;
et aussi celles de toute l'Eglise: le manque de sanctification, la
mondanité, les choeurs composés d'inconvertis, les méthodes mondaines
pour obtenir de l'argent : ventes, concerts, etc., l'incapacité de faire
la différence entre ce qui est saint et ce qui est profane, entre le pur
et l'impur. Avons-nous vraiment besoin d'un réveil ? Dieu sait à quel
point nous en avons besoin ! Peu importe l'avancement spirituel d'une
église, sa réputation de centre de communion et d'édification. Si les
âmes ne sont pas sauvées, les pécheurs réveillés et convaincus, c'est
qu'il y a quelque chose de radicalement faux en elle.
21 NOVEMBRE
Ce soir, les deux jeunes filles pour lesquelles nous avions tant
prié ont obtenu la victoire et ont rendu un témoignage clair et sans
équivoque, avec beaucoup de larmes. Oh ! Combien j'en bénis le Seigneur
! Oui, Il est à l'oeuvre, donnant la conviction et le salut. A Son Nom
soit tout l'honneur et la gloire !
19 DÉCEMBRE
Nous avons prié, avec le Dr Hooper, de 11 heures du matin
jusqu'à 3 heures de l'après-midi et Dieu a été à l'oeuvre ce soir. Un
jeune homme, que je croyais chrétien, est venu me trouver et m'a bien
surpris en déclarant qu'il n'était pas encore né de nouveau. Nous avons
plaidé avec Dieu pour lui, Le suppliant de le ramener et de le
convaincre de péché... Ce soir, dès que l'appel retentit, il vint sans
hésiter prendre place au banc des pénitents et s'y agenouilla, bientôt
secoué par de violents sanglots. Il cria à Dieu pour obtenir miséricorde
et reçut l'assurance du pardon de ses péchés. Puis, le visage encore
inondé de larmes, il se releva pour faire face à l'assemblée et déclara
devant tous qu'il était sauvé. Il rentra chez lui débordant de joie.
Gloire, oh ! Gloire à Dieu ! Oh ! La joie de gagner des âmes ! Y a-t-il
ici bas une plus douce musique que celle du cri d'un pécheur repentant
qui revient à la maison de son Père ? Je suis bien décidé à renoncer à
toute vie, à toute indulgence de la chair et à m'adonner sans réserve à
ce glorieux ministère.
9 JANVIER
Après mûre réflexion et supplication, j'ai décidé de mettre à
part cette semaine pour la prière et d'avoir une réunion chaque soir
excepté samedi. Ce soir ce fut vraiment merveilleux. Le Saint-Esprit a
saisi une de nos soeurs qui, pour la première fois de sa vie, s'est mise
à prier publiquement. Nous avons tous été conscients de la puissance de
Dieu. Les gens refusèrent de partir et ainsi la réunion s'est prolongée
jusqu'à onze heures passées.
11 JANVIER
Ce fut la plus merveilleuse semaine que nous ayons jamais eue.
Les réunions se sont prolongées jusqu’après 10 heures, et Dieu a répandu
Son Esprit en donnant une intense conviction de péché. Bien des yeux ont
été ouverts, bien des péchés confessés et abandonnés. Plusieurs de ceux
qui n'avaient jamais prié en public, et que je croyais incapables de le
faire, ont éclaté soudain en supplications accompagnées de larmes. Le
fardeau des âmes a été donné à plusieurs, tant jeunes que vieux, et la
présence de Dieu était si réelle ! Et quel chant, mes amis ! Non pas du
bout des lèvres, mais de tout leur coeur.
A la fin de la réunion, quand je leur ai demandé ce qu'il fallait faire
à l'avenir, tous ont été unanimes pour demander la continuation des
réunions de prière. Ainsi nous avons décidé de poursuivre nos rencontres
de chaque soir. Gloire en soit rendue à Dieu ! Comme il répond à la
prière de Ses enfants !
Cependant, la prière a été très difficile toute la journée, malgré la
bénédiction Satan se dresse contre nous et le ciel semblait d'airain.
Cette après-midi, après une lutte intense, me sentant incapable de
prier, j'abandonnai la partie pour un moment. Puis je me redressai, bien
décidé à vaincre malgré tout, et la victoire a été remportée. Les
puissances des ténèbres se sont retirées et j'ai pu prier librement
pendant toute une heure.
23 JANVIER
La pluie abondante, une fois de plus. Béni soit Dieu ! Salle
comble. Grand fardeau de prière pendant toute la réunion... Après le
chant, une femme se lève et vient se mettre à genoux, suivie de
plusieurs autres. A une personne visiblement troublée je dis un petit
mot, et ses yeux se remplissent de larmes tandis qu'elle aussi tombe à
genoux devant le Seigneur... Oh ! Quelle soirée bénie ! Je propose de
clore la réunion, mais personne ne veut partir. On entend encore bien
des sanglots, tandis que des péchés sont confessés. Puis quelques-uns se
relèvent pour dire qu'ils avaient reçu le pardon... Oh ! La joie
inexprimable qui remplit tous nos cœurs !
6 MARS
L'oeuvre continue à progresser et des âmes sont sauvées chaque
semaine. Jeudi dernier, un jeune étudiant de l'université se convertit.
Il était venu précédemment, mais bien décidé à ne jamais plus remettre
les pieds ici. Cependant, sous la contrainte de l'Esprit, il est revenu
la semaine suivante, malgré lui. Après une lutte qui dura des semaines,
le rendant de plus en plus malheureux, il finit par céder à Dieu et
tomba à genoux devant tout le monde. Dieu l'a glorieusement sauvé, et
nous avons chanté, comme d'habitude : « C'est fait ! La grande
transaction est accomplie ! » Ce soir il a rendu un témoignage
merveilleux à son Sauveur.
13 MARS
Encore deux autres ce soir, dont un membre important de
l'église. « Je me croyais chrétien, s'écria t’il, ayant été membre de
l'église depuis si longtemps, mais je vois bien maintenant que je ne
suis qu'un pécheur condamné ! » Puis ce fut une femme pour qui nous
avions longtemps prié et qui était accablée sous la conviction de son
péché ; bientôt tous deux furent pleinement libérés et trouvèrent le
pardon. Moi-même je l'avais crue chrétienne, cette chère femme, et elle
ne l'était pas ! Oh ! Comme Dieu travaille ! Oh ! Que bien d'autres
membres d'église, ayant une fausse expérience, soient aussi sauvés
bientôt !
27 MARS
Manifestation bénie de la puissance de Dieu ce soir. Un certain
jeune homme, debout près de la porte, fit entendre un cri de détresse
qui saisit toute l'assemblée. Il confessa qu'il avait fait profession de
se convertir deux ans auparavant, mais que le péché s'était glissé dans
sa vie et qu'il n'était pas en règle avec Dieu. Il venait de passer une
semaine terrible ; mais il était décidé à mettre les choses au point
avant de quitter la salle. Il s'élança courageusement jusqu'au banc des
pénitents et s'agenouilla devant tous. Dieu entendit sa supplication et
y répondit pleinement. Alléluia ! Oh ! Que de tels fruits nous soient
encore donnés !
2 MAI
Ce fut la réunion la plus dure, la plus décourageante que nous
ayons jamais eue. Que celui qui ne croit pas à l'existence personnelle
de Satan se mette un peu à prier pour le Réveil, et il ne tardera pas à
rencontrer l'ennemi face à face. Ce soir-là tout était froid et glacé.
Aucun élan, ni pour la prière ni pour le témoignage. J'avais préparé un
message ; mais je fus incapable de le donner. Tout ce que je pus faire,
fut de me livrer à la prière, aux soupirs inexprimables de l'Esprit. A
la fin, j’annonçai que j'allais me retirer dans la chambre voisine pour
prier, et je ne sais pas même qui m'y suivit, car j'étais absorbé en
Dieu seul. Je découvris ensuite qu'une douzaine de membres m'entouraient
pour prier. Ce fut un temps d'âpre combat. Je commençai à prier, mais
j'étais si brisé que je ne pus que sangloter pendant un long moment,
jusqu'à l'épuisement de mes forces physiques. J'étais bien décidé à
aller jusqu'au bout et à me rendre compte où nous en étions dans ce
combat. L'un après l'autre, les frères se retirèrent en silence, de
sorte que nous n’étions plus que deux. Après minuit, la lumière se fit
peu à peu et bien des choses nous furent révélées. Mes propres
manquements me furent dévoilés par l'Esprit. Enfin la foi reprit le
dessus et, vers 3 heures du matin, nous nous retirâmes, parfaitement
satisfaits, le corps lassé, mais puissamment fortifiés dans l'homme
intérieur. Par la foi, la victoire avait été remportée et Satan, une
fois de plus, avait subi une défaite...
Aussi, le lendemain soir, ce fut le ciel. Oh ! Comme nos coeurs
chantaient de joie, et comme Dieu était près de nous ! C'était le ciel
ouvert et les réalités de la foi étaient à notre portée. Nous nous
élevions avec des ailes comme les aigles, et Dieu nous donnait
l'assurance qu'avec Lui rien ne serait impossible...
17 MAI
Dieu m'a donné ce matin, comme promesse, le précieux verset de
Deutéronome 2/25. Nous nous sommes rencontrés pour la prière, de 6
heures à 10 heures du soir. Mais je me rends compte que Satan est à
l'oeuvre, déguisé en ange de lumière. Que Dieu nous rende prudents comme
des serpents... J'ai lu avec une grande bénédiction le journal personnel
de David Stoner. Comme j'ai été humilié devant le Seigneur ! Quelle
ardente soif de Dieu chez ce serviteur, quelle agonie dans la prière et
quel travail d'enfantement pour les âmes !
Et moi, quelle est mon expérience ? Ai-je vraiment le fardeau des âmes ?
Est-ce que je prends plaisir à la prière ? Toute attraction vers le
monde a-t-elle complètement disparue ? Ai-je une haine absolue du péché
? Suis-je rempli de la joie et de l'amour de Dieu ? Est-ce que j'obtiens
de Lui l'exaucement de mes prières ? Y a-t-il encore quelque péché
secret qui fasse obstacle à la bénédiction ? Suis-je vraiment sanctifié
dans mon coeur et dans ma vie ? Ai-je le discernement spirituel pour
apprécier un sermon prêché dans l'Esprit ou non ? Ma religion est-elle
une vivante réalité ? Ceux qui me voient vivre peuvent-ils apercevoir
CHRIST à travers moi ? Suis-je disposé à laisser Dieu me sonder et me
passer au crible dans tous les domaines ? Ai-je le témoignage positif du
Saint-Esprit en moi ? Ma vie sert-elle à exalter et à glorifier le
Seigneur Jésus-Christ ? Il me faut encore prier concernant toutes ces
choses.
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EXPÉRIENCES SPIRITUELLES D'UNE VALEUR INESTIMABLE
22 MAI
Il devient de plus en plus urgent de mettre à l'épreuve mon
travail, et de passer toutes choses au crible. Je suis certain qu'une
des principales raisons de nos faillites réside dans le fait que nous ne
savons pas nous juger nous-mêmes.
Ma prédication doit être éprouvée. Dieu déclare que Sa parole est un
feu, un marteau, une épée. Donc, si mon message n'est rien de tout cela,
c'est qu'il y a quelque chose qui cloche. Dieu a promis du fruit ; il
doit y avoir des résultats. Il doit faire de Sa Parole ce qu'Il a dit
Lui-même.
Je dois aussi mettre à l'épreuve ma vie de prière. Ai-je la puissance
qui prévaut avec Dieu ? Sinon, pourquoi ? Dieu n'a-t-il pas déclaré
positivement : « Tout ce que vous demanderez en priant, vous le verrez
s'accomplir » ? (Marc 1l/24) Si je prie et n'obtiens aucune réponse,
c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
Je dois mettre à l'épreuve mon expérience chrétienne. M'arrive-t-il de
m'irriter, de me mettre en colère ? Y a-t-il dans mon coeur quelque
chose de contraire à l'amour ? Est-ce que je grandis chaque jour dans la
grâce, ma marche avec Dieu progresse-t-elle ? Ai-je une complète et
totale délivrance du péché ? Est-ce que mes proches, ceux du cercle
intime, croient à la réalité de ma piété ?
« Seigneur, juge-moi, et conduis-moi sur un plan spirituel plus élevé. »
Il y a quelques semaines, Dieu m'a accordé le don de la foi, et j'étais
sûr qu'Il allait agir puissamment ; mais au bout de quelque temps, voilà
que je l'ai perdu !... Oh ! Quelle triste faillite ! Pourquoi ne puis-je
pas vraiment CROIRE DIEU ? N'a-t-il pas dit que « toutes choses sont
possibles celui qui croit » ? Seigneur, augmente ma foi !
Accorde moi, Seigneur, cette foi triomphante ; ne priant pas en vain ;
qui lutte jusqu'au bout, et dans mon âme enfante l'exaucement divin. »
24 MAI
J'ai passé cette journée dans le jeûne et la prière. J'avais
annoncé à la réunion de prière que pour nous le jour férié, où la
plupart des gens vont se promener, serait une journée mise à part pour
le jeûne et la prière. Nous nous sommes réunis à 9 heures du matin et
avons continué jusqu'à 9 heures du soir, et le temps a passé bien vite,
avec la bénédiction divine reçue par beaucoup. Comme les gens ont
répandu leur coeur dans la prière ! Nous avons réclamé une puissante
effusion du Saint-Esprit, et comme Dieu a travaillé parmi nous !
J'ai été moi-même très béni en lisant le récit du réveil d'Irlande en
1859.
26 MAI
J'ai prêché ce soir sur le jugement, et Dieu a donné une
merveilleuse liberté, devant un auditoire d'au moins mille personnes. La
femme d'un gros industriel paraissait extrêmement troublée et cherchait
en vain à cacher ses larmes. Notre principale soliste, pour qui nous
avions beaucoup prié, et plusieurs autres encore, étaient sous une
profonde conviction. Dieu soit béni pour Sa réponse à nos prières.
Puissions nous continuer à tenir ferme jusqu'à Son retour !
29 MAI
Merveilleuse réunion ! J'étais incapable de donner le message
préparé, mais j'ai parlé avec une grande liberté sous la direction de
l'Esprit. Conviction profonde chez certains, tandis que d'autres étaient
visiblement irrités. Six personnes vinrent s'agenouiller devant
l'estrade sans même y avoir été invitées, entre autres une dame qui
avait été très fâchée de nous entendre prier pour elle et qui s'était
bien juré de ne jamais venir au banc des pénitents ! Alléluia !
2 JUIN
Nous avons eu samedi notre second jour de jeûne et de prière,
plaidant avec Dieu pendant huit heures consécutives, et nous avons eu
une expérience très bénie... Seigneur, garde-moi à chaque instant dans
Ta volonté ! Comme je languis de Te posséder davantage ! Comme mon coeur
est affamé de justice !
5 JUIN
Merveilleuse réunion ce soir ! Quatre rétrogrades sont venus se
mettre à genoux et tous ont été libérés. Les témoignages se sont
succédés spontanément, et le chant était profondément spirituel. Quand
je proposai de nous séparer, des protestations se firent entendre de
tous côtés. Je leur dis qu'il était 11 heures moins vingt, et tous en
étaient fort surpris. La joie était débordante dans bien des coeurs.
Est-ce vraiment le Réveil ? A LUI en soit toute la gloire !
9 JUIN
Ce matin, en me rendant au culte, la paix de Dieu remplit mon
coeur à déborder. Verset après verset de Sa Parole me venait à la
pensée. Je me demandais si une pareille paix pourrait subsister en temps
d'épreuve et de persécution. Après le culte, je fus grandement encouragé
par le témoignage de deux personnes dont les liens avaient été brisés et
qui avaient été merveilleusement bénies. Puis l'épreuve et la plus âpre
opposition suivirent, me rappelant que Satan est toujours à l'oeuvre.
Même parmi nos meilleurs membres d'église, il s’en trouve encore qui
sont ses instruments pour entraver l'oeuvre et mettre des obstacles sur
notre chemin.
19 JUIN
Ce matin, nous nous sommes réunis à quatre, de huit heures à
midi et nous avons eu un temps béni... A la réunion de jeudi dernier,
certaines personnes ont été scandalisées et m'ont accusé d'esprit
critique parce que je les engageais à consacrer plus de temps à la
prière. Mais à la réunion de ce soir, nous avons renouvelé notre
consécration au Seigneur, et il y avait de la joie sur bien des visages.
Ce que je comprends, toutefois, c'est qu'il est inutile d'essayer de
pousser les choses dans l'énergie de la chair ; c'est Dieu seul qui peut
donner à Ses enfants le fardeau des âmes, et je dois laisser cela entre
Ses mains. Quand les gens sont poussés par le Saint-Esprit, on n'a pas
besoin de les supplier. Dieu soit béni, de réels collaborateurs dans la
prière m'ont été donnés par Sa grâce.
21 JUIN
Deux versets m'ont été particulièrement en bénédiction
dernièrement : « Invoque-moi et je te répondrai, et je te montrerai des
choses grandes et cachées que tu ne connais pas. » (Jérémie 33/3)
Seigneur, aide-moi à saisir cela par la foi, et fais moi connaître ces «
choses grandes et cachées » pour lesquelles je crie à Toi. »
Et encore : « Et eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur
coopérant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui
l'accompagnaient. » (Marc 16/20) Suis-je bien sûr que le Seigneur
travaille avec moi ? Quelle preuve en ai-je à moins de voir la Parole
confirmée par les signes qui l'accompagnent ? Il me faut voir la
conviction de péché atteindre son point culminant dans le salut des
âmes.
5 AOÛT
Le diable a été à l'oeuvre une fois de plus. Un certain mari est
décidé à empêcher sa femme de venir à nos réunions. Il était furieux et
a proféré de terribles menaces. Cependant, une réunion a eu lieu dans sa
propre maison, sur l'invitation de sa femme, et il a été convaincu de
son erreur. Il voit maintenant qu'il n'est pas en règle avec Dieu. Satan
n'a aucune objection à ce que les gens aillent à l'église pour le culte
ordinaire; mais si on ose envahir son domaine, alors il s'arme jusqu'aux
dents. Plusieurs ont défendu à leur femme de venir aux réunions.
16 AOÛT
En consultant mon journal, je constate qu'il y a une année
aujourd'hui que j'ai commencé à être préoccupé au sujet du Réveil. Nous
avons consacré ce jour spécialement à la prière et à passer en revue le
travail de l'année écoulée. Certains des convertis se sont relâchés,
hélas ! Mais la plupart d'entre eux tiennent et vont de l'avant. Quelle
sorte d'enfants spirituels avons-nous enfantés ? Il s'agit de distinguer
entre l'oeuvre du Saint-Esprit et l'oeuvre de la chair. Puissent nos
prières prévaloir auprès de Dieu, plus que jamais ! Le fruit ne doit pas
être cueilli avant sa maturité. Nous voulons avoir des enfants qui
soient attachés à leur foyer, à leur lieu de naissance et toujours
présents à l'heure des repas. Ceux qui agissent différemment ne sont pas
des enfants normaux. Je puis dire toutefois que plusieurs avancent
merveilleusement et deviennent un réel renfort dans le combat de la
prière.
24 AOÛT
Dieu travaille toujours en réponse à la prière, et nous voyons
de grandes choses s'accomplir. Les convertis sont appelés à souffrir de
la persécution. L'une de nos soeurs raconte que depuis sa conversion ses
voisins s'ingénient à lui faire toutes sortes de mesquineries. On jette
de l'eau sale sur son seuil, des ordures devant sa porte, etc. Mais elle
ne dit jamais rien et continue à se montrer aussi aimable qu'avant. Un
jour elle a mis un tract dans leur boîte aux lettres. Les regards
furieux de la voisine prouvaient qu'il avait été lu. Mais voilà que,
dernièrement, cette femme a dû être amenée d'urgence à l'hôpital pour
une opération. Notre convertie alla prendre de ses nouvelles, puis se
rendit à l'hôpital pour lui faire visite et prier avec elle, ce qui la
fit fondre en larmes. Le lendemain, son mari vint s'excuser, disant : «
Croyez-vous que le Seigneur puisse me pardonner tout ce que j'ai fait ?
»
15 SEPTEMBRE
Ce soir encore, Dieu a mis Son sceau sur Sa Parole. Tandis que
je prêchais, une jeune personne, étrangère à l'église, se leva et resta
debout un moment avant que mon attention fût attirée sur elle. Je
m'arrêtai de parler, louai Dieu et lui demandai si elle avait accepté
Christ. Je compris par sa réponse qu'elle n'avait pu attendre la fin du
culte, tant la conviction avait été profonde. Puis je repris le fil de
mon sermon.
L'effet produit fut prodigieux. La crainte de Dieu descendit sur toute
l'assemblée et plusieurs furent réellement touchés. Tandis que je
continuais à parler, deux hommes et trois femmes se mirent à pleurer; un
autre se mit à sangloter à haute voix. La jeune femme qui s'était levée
la première vint me trouver après le culte et j'eus l'impression qu'elle
était convaincue d'être pardonnée. Comme nous avons loué Dieu ensemble !
23 SEPTEMBRE
Il faut qu'il y ait toujours plus cette angoisse de l'âme, cette
profonde conviction de péché ; mais c'est entièrement l'oeuvre du
Saint-Esprit. C'est pourquoi rien ne peut l'obtenir que la prière de la
foi. C'est DIEU qui sauve les âmes, et cette oeuvre est l'opération de
l'Esprit Saint, en réponse à la prière de la FOI.
Je relis encore la vie de John Smith. Quel homme de foi et de prière !
Comme il était passionné pour le salut des âmes
« Agis encore, Esprit de Puissance, et suscite une fois de plus un
peuple pour Ton Nom ! Accorde-nous tout à nouveau la visitation d'En
Haut, un retour aux temps apostoliques, car c’est bien là le ciel sur la
terre ! Et, par dessus tout, que Jésus Christ seul soit glorifié ! Amen
! »
Fais revivre Ton oeuvre et Ta puissance, ô Dieu
Et donne à Ton Eglise un réveil en tous lieux !
Fais revivre Ton oeuvre et remplis nous de foi,
De courage et d'amour comme aux jours d'autrefois.
Fais revivre Ton oeuvre, ô Christ, sois exalté!
Accomplis Ta promesse envers Tes rachetés!
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ÂMES AFFAMÉES DE RÉVEIL
Quand j'ai visité la Russie, j'ai pu voir Dieu à l'oeuvre d'une façon
remarquable. Les gens n'hésitaient pas à faire 20 kilomètres à pied,
d'autres venaient en charrette ou à cheval, parcourant 200 kilomètres
pour assister aux réunions. Les cultes duraient deux ou trois heures
consécutives, et il y avait parfois jusqu'à trois réunions par jour. Et
encore, ces braves gens trouvaient qu'ils n'en avaient pas assez et
venaient dès le matin prier ensemble, avant l'arrivée des prédicateurs !
Pas besoin de publicité ; chacun le disait à son voisin et ils
arrivaient de tous côtés, remplissant les salles jusque dans les
moindres recoins, même les plus grandes étaient combles. Je me souviens
d'avoir prêché, entre autres, dans une chapelle luthérienne à 3.000
personnes. Oh ! Comme ils buvaient la Parole ! En plein air, c'était
pareil, et la réunion pouvait se prolonger pendant trois heures sous la
pluie ; tous écoutaient avidement, hommes, femmes et enfants, tous des
âmes affamées !
Et comme Dieu a opéré puissamment là bas !
Dès le début de la campagne c'était l'atmosphère du Réveil. On priait,
on chantait, on rendait témoignage, et les larmes coulaient sur bien des
visages. Le coeur brisé, ils écoutaient le message et, quand venait le
moment de l'appel, un grand nombre se levait pour venir s'agenouiller
devant l'estrade et crier à Dieu avec larmes pour obtenir Son pardon.
Voici quelques extraits de mon journal durant la campagne :
Impossible de décrire les scènes qui se déroulèrent au cours de ces
journées, car ce que Dieu a fait est tout simplement miraculeux. Chaque
soir le grand auditorium était plein à craquer, les gens se tenant
debout dans les couloirs, sur l'estrade et partout. Le devant de la
chaire se remplissait sans cesse de pénitents dont beaucoup acceptèrent
le Sauveur pour la première fois. Je ne saurais en fixer le nombre.
Mais le culte de 10 heures du matin fut le point culminant de ce festin
spirituel. Une fois la salle remplie on ajouta des chaises dans le
choeur et un peu partout, beaucoup durent rester debout Alors la
puissance d'En Haut descendit sur cette immense assemblée ; hommes et
femmes tombèrent à genoux de tous côtés, et quelles prières ! Quelle
repentance ! Quelles confessions avec larmes, mais aussi quelle joie
inexprimable dans les témoignages Et comme ils chantaient, ces chers
Russes ! Vraiment, c'était le ciel sur la terre.
A la fin du culte, on me demanda si je ne voudrais pas prêcher une fois
de plus à 4 heures. J'y consentis, et à l'heure indiquée ils étaient de
nouveau tous là. Une fois de plus, la puissance de l'Esprit était à
l'oeuvre, et il y eut bien des larmes. Une Joie ineffable et glorieuse
se reflétait sur bien des visages. Nous nous agenouillâmes tous dans le
silence, et l'Esprit descendit pour faire Sa demeure dans plusieurs
vies.
A 6 h 30 je parlai encore, puis à 8 heures quatre réunions dans la
journée !
Peu après m'être retiré dans ma chambre, j'entendis frapper à la porte.
Un étudiant entra et me dit que Dieu lui avait parlé. Il avait le coeur
affamé de la vie d'En Haut et m'annonça sa décision de rester toute la
nuit en prière jusqu'à ce que l'Esprit le possédât entièrement. Nous
avons prié ensemble et il sanglotait éperdument... Quelques instants
après, un autre frappait à son tour et venait me demander de me joindre
à un groupe dans la chambre voisine. Je trouvai là plusieurs jeunes
prosternés devant le Seigneur, face contre terre. Dieu leur avait parlé
à eux aussi. Et la prière recommença, ardente, précise, passionnée,
montant tout droit vers Dieu. Le péché fut confessé, des vies furent
consacrées au Seigneur, et le Saint-Esprit, une fois de plus, eut la
voie libre parmi nous.
Puis ce fut toute la troupe des étudiants qui arriva au grand complet
et, tombant à genoux, les coeurs se répandirent librement devant le
Seigneur, en russe, en allemand, en letton, en anglais. Oh ! Quelle
heure bénie où ces coeurs brisés pleuraient ensemble aux pieds de Jésus
! Quelle joie de se trouver dans une pareille atmosphère de réveil et de
voir le Saint-Esprit à l'oeuvre. Quand finalement ils se retirèrent pour
continuer à prier dans leurs chambres. A quelle heure, je ne sais. Je
pus, moi aussi, rentrer dans la mienne, vers minuit, et prendre du
repos, bénissant Dieu pour cette journée.
Le lendemain, même expérience. Au cours des quatre réunions de la
journée de longues files d'hommes et de femmes en larmes vinrent se
prosterner dans la contrition et accepter le salut pour s'en retourner
ensuite débordants de joie.
Au retour de cette quatrième réunion (que je croyais la dernière), je
trouvai à la maison de la mission une chambre pleine de Russes
agenouillés et priant tout bas, comme seuls les Russes savent le faire,
avec des accents d'intense sincérité. Je me joignis à eux pendant
quelques instants, puis, vers minuit, je me retirai dans ma chambre.
Quelle journée merveilleuse encore ! Quelles conversions ! Quelle joie !
Quelle puissance ! Jamais de ma vie je n'avais prêché à de telles
congrégations, ni au Canada, ni dans toute l'Amérique.
Le jour de Pâques fut une journée inoubliable ! Le premier culte du
matin commençait à 6 heures et ce ne fut pas facile pour moi de prêcher
à une heure aussi matinale, m'étant couché fort tard la veille. Il y
avait cependant environ 1.200 personnes à ce culte, et beaucoup
répondirent à la demande d'accepter Christ comme leur Sauveur.
A 10 heures, seconde réunion avec salle archicomble, et qui dura quatre
heures.
Après le dîner je me jetai sur mon lit pour me reposer un peu et je ne
me réveillai que juste à temps pour la réunion de 4 heures. Il y avait
là environ 1.400 personnes, et de nouveau plusieurs s'approchèrent pour
répondre à l'appel de Dieu, tandis que l'Esprit se mouvait d'une façon
solennelle sur toute l'assemblée. Le salut était entré dans bien des
vies et très chaudes furent leurs poignées de mains tandis que je
saluais cette longue file de nouveaux convertis. Il y avait là beaucoup
de jeunes gens et de jeunes filles, des personnes âgées aussi, et même
de très jeunes enfants. Tous avaient trouvé en jésus leur Sauveur, et
comme leur joie était grande !
Le lundi je me trouvais dans une église russe où j'avais déjà prêché
cinq ans auparavant. Là encore c'était la foule compacte, se pressant
pour écouter la Parole, tandis que je parlais de la victoire sur le
péché. Beaucoup s'avancèrent et se mirent à genoux tandis que le
Saint-Esprit pénétrait dans leur vie et rendait réelle cette transaction
avec Dieu. Certains de ces visages semblaient déjà glorifiés tant leur
joie était radieuse !
Puis vint la réunion du lundi soir, et je me demandais si ce serait
comme en Amérique, le jour de relâche. Mais mes doutes furent bien vite
dissipés en voyant une fois de plus les foules s'entasser dans la
chapelle, dans les galeries jusqu'au plafond, beaucoup devaient rester
debout. Quelle vision, mes amis que celle de tous ces regards intenses
fixés sur nous. J'étais ému jusqu'au fond de l'âme. Et comme ils
écoutaient ! A la fin je proposai un « after meeting ». Environ 500
personnes s'en allèrent et tous les autres voulurent rester. Les
premiers bancs furent vite remplis de pénitents anxieux d'être éclairés.
Je leur expliquai clairement le message du salut et, tandis que je
parlais, les larmes coulaient sur leurs visages. Des péchés furent
confessés et pardonnés, Christ était reçu dans les coeurs, et la note de
louange se fit entendre, montant vers Dieu de tous côtés. Oh ! La joie
céleste sur ces visages ! Deux d'entre les auditeurs étaient encore
troublés et hésitants ; mais, après que je leur eus montré le chemin,
l'un d'eux fondit en larmes et, dans la joie du salut, se mit à louer
Dieu.
Ainsi se termina l'une des plus merveilleuses campagnes de réveil que je
n’aie jamais vécues. Jamais en Amérique je n'ai eu d'expérience
équivalente et je n'oublierai jamais les scènes émouvantes dont j'ai été
témoin. Quelle faim et quelle soif de Dieu chez ces gens ! Où
trouverions-nous un esprit pareil dans notre pays ? Oh ! Combien je Le
bénis ! Gloire à Son glorieux Nom ! Oui, mes amis, le Dieu de Finney, de
Moody et d'Evan Roberts est toujours le même. Il est NOTRE DIEU pour
toujours. Il est toujours le Dieu du Réveil. Son bras n'est pas
raccourci, ni son oreille devenue pesante. Il entend, Il exauce la
prière de la foi. Alléluia !
Quant à moi, je dois dire que j'ai été profondément humilié. Dieu m'a
richement béni dans mon âme. Cela a exigé une nouvelle crucifixion, une
expérience plus profonde encore, une marche plus étroite avec Lui. Mon
coeur a été brisé devant Lui et le mot d'ordre doit être désormais : «
DIEU LE PREMIER ! » Je mets de côté joyeusement tous mes plans, mes
ambitions, pour adopter les Siens. Je ne sais ce que l'avenir me
réserve; mais si seulement Il veut bien condescendre à se servir de moi
pour un travail de réveil spirituel et profond, je serai plus que
satisfait. Peu importe où ce sera, dans ma patrie ou au loin. « Où Tu
voudras, je veux te suivre. » Mon désir est d'être entièrement livré à
mon Dieu et de vivre moment par moment tellement séparé du monde et de
la chair que je puisse jouir d'une communion ininterrompue avec mon
précieux Seigneur. »
Amis lecteurs, j'ai voyagé à travers l'Europe, le Proche et l'Extrême
Orient, le Canada et les Etats-Unis. Je suis allé de l'Atlantique au
Pacifique, j'ai assisté aux plus grandes conventions évangéliques,
entendu les meilleurs prédicateurs; mais jamais je n'ai vu nulle part
rien de semblable à ce que je viens de décrire plus haut.
Pourquoi cela ? Dieu aurait-Il abandonné l'Amérique, le Canada,
l'Angleterre ? Pourquoi n'y a-t-il pas dans nos pays de véritable Réveil
spirituel ? Parce que la condition essentielle fait défaut : c'est la
SOIF. Oui, ce qui nous manque ici, c'est cette réelle et profonde soif
spirituelle, cette recherche ardente du coeur qui a soif de Dieu. Tant
d'autres choses remplissent notre vie ! Nous avons tellement de confort,
de luxe et d'abondance que nous ne sentons pas notre besoin de DIEU. Si
nous devions être dépouillés de toutes nos possessions terrestres, ce
serait peut-être notre salut.
Ici les gens ne se soucient pas d'assister à des réunions, et il faut
dépenser des sommes énormes en publicité pour parvenir à les intéresser
un peu, tandis que les cinémas et les lieux de plaisir sont pleins. Les
foules se pressent dans les parcs et sur les plages, alors que nos
temples sont presque vides. Plus la journée est belle, plus grande est
la tentation de partir en voiture, et nul ne songerait à faire à pied
dix kilomètres ou plus, pour assister à une réunion ! D'où mon
diagnostic qu'il n'y a pas de SOIF spirituelle. Le peuple russe, par
contraste, ne possède que peu de biens de ce monde, d'où sa faim et sa
soif des biens permanents, des richesses divines.
Nous qui connaissons cette soif spirituelle, Dieu soit béni, il y en a
quand même ici et là ne voulons nous pas mener deuil sur nos pays soi
disant « chrétiens » et invoquer le Seigneur afin qu'Il crée Lui-même
dans les coeurs ce désir ardent de Réveil, même si cela devait être par
le moyen de la tribulation, de l'adversité, des pertes matérielles.
Qu'importe l'épreuve, pourvu que naisse enfin dans les coeurs, cette
soif sans laquelle il ne saurait y avoir de vrai Réveil.
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Page ajoutée le 06 avril 2004

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